L’affaire Aïcha Kamoise prend une dimension plus grave. Muriel Blanche, l’une des femmes visées par une vague de cyberharcèlement liée à cette affaire, a brisé le silence sur Snapchat. Enceinte de 6 mois en décembre 2025, elle révèle avoir perdu un enfant et failli en perdre un autre à cause des attaques répétées sur les réseaux sociaux. Un témoignage bouleversant qui relance le débat sur la violence numérique au Cameroun.
Un témoignage douloureux, publié en silence brisé
Dans un message posté sur son compte Snapchat, Muriel Blanche — mère de 4 enfants — décrit ce qu’elle a traversé seule, loin des caméras :
« Derrière un écran, il y a une femme. Une mère. Un cœur. J’ai encaissé en silence. Mais le silence ne veut pas dire absence de douleur. Les mots blessent. Les mots détruisent. Et parfois… les mots tuent. »
Elle précise avoir été en vacances en famille lorsque les douleurs liées au stress ont failli lui coûter sa grossesse. Un épisode qu’elle attribue directement à l’incitation à la haine et au cyberharcèlement dont elle a été victime.
Son témoignage rejoint celui de Nathalie Koah, qui avait publiquement révélé avoir perdu l’un de ses jumeaux dans des circonstances similaires, après avoir été la cible d’une campagne de harcèlement en ligne. Deux cas. Deux grossesses touchées. Même contexte numérique toxique.
Des plaintes déposées, une affaire qui s’alourdit
Sur le plan judiciaire, la situation s’aggrave pour Aïcha Kamoise. En plus de la plainte déposée par Nbiko TV, une deuxième plainte vient d’être enregistrée, celle de dame Nbienou, également touchée par ces agissements en ligne.
Le dossier grossit. Ce qui semblait être un conflit de réseaux sociaux prend désormais des contours juridiques sérieux.
Au Cameroun, le cyberharcèlement reste encore peu sanctionné dans les faits, malgré l’existence de dispositions légales. Les victimes, souvent des femmes, subissent dans un silence que la honte ou la peur entretient. Muriel Blanche a choisi de parler. Et ce qu’elle dit est grave.
L’instruction judiciaire ouverte dans cette affaire devra tenir compte de l’ensemble des plaignantes. Avec des préjudices physiques et psychologiques désormais sur la table, les poursuites contre Aïcha Kamoise pourraient prendre une tournure bien plus lourde que prévu.



