Africa Petroleum S.A. vient de franchir un cap décisif. Le 6 avril 2026, la Plateforme de validation des manques à gagner du ministère des Finances a saisi le ministre de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) pour solliciter la levée de la suspension frappant cette société. La condition remplie : le versement spontané de 200 000 000 FCFA au titre des arriérés des fonds de soutien à la raffinerie.
Un versement de 200 millions qui débloque la situation
Le document officiel signé par Zang Martial Valéry, Administrateur civil principal et président de la Plateforme de validation des manques à gagner, est sans ambiguïté. Africa Petroleum a déposé ses dossiers de validation des plus-values issues de ses opérations d’importation et a procédé au versement spontané de 200 millions de FCFA correspondant aux arriérés des fonds de soutien à la raffinerie.
Ces deux conditions remplies, la plateforme demande formellement au MINEE de lever la mesure de suspension portant sur :
- l’agrément d’importation d’Africa Petroleum
- les opérations d’enlèvement des produits pétroliers
La lettre a été transmise en copie au MINFI, à la DG SONARA, à la DG CSPH et à la DG SCDP. Tous les acteurs clés du secteur pétrolier aval sont donc informés.
Africa Petroleum montre la voie aux six autres suspendus
Cette levée de suspension intervient dans un contexte tendu. Africa Petroleum faisait partie des sept marketeurs importateurs frappés par une mesure de suspension pour les mêmes motifs : non-validation des trop-perçus et non-reversement des fonds de soutien à la raffinerie.
En régularisant rapidement sa situation, la société se démarque des six autres entreprises encore sous le coup de la sanction : Neptune Oil, Planet Petroleum, Bocom Petroleum, Alpha Oil, Gulfcam et Nickel Oil.
Ce geste de 200 millions de FCFA versés spontanément envoie un signal fort. Il montre que la voie de sortie existe — mais elle passe obligatoirement par la régularisation financière complète. Pour la SONARA, dont la reconstruction depuis l’incendie de 2019 nécessite des ressources stables, chaque versement compte.
Les autorités camerounaises semblent désormais déterminées à faire rentrer ces fonds, quitte à suspendre les opérateurs récalcitrants jusqu’à ce qu’ils s’exécutent.
La balle est maintenant dans le camp des six sociétés restantes. Leur retour sur le marché dépend d’une seule chose : régulariser, payer, et documenter. Africa Petroleum vient de leur montrer comment faire.



