La tension monte à Yaoundé après la déclaration de la coalition C21, regroupant 21 partis politiques de l’opposition camerounaise. Son coordinateur, André Teuabo, a fustigé ce qu’il qualifie d’« imposture aggravée » : la proclamation prématurée des résultats de l’élection présidentielle par certains acteurs politiques. Pour le C21, seule l’instance légitime reste le Conseil constitutionnel.
« Le Cameroun n’est pas une République bananière. La loi électorale doit être respectée », a martelé André Teuabo, appelant les Camerounais à garder leur calme.
Mais jusqu’où ira cette polémique dans un contexte post-électoral déjà tendu ?
L’opposition met en garde contre les manipulations post-électorales
Dans sa déclaration, la coalition C21 affirme que toute proclamation unilatérale des résultats viole les textes électoraux. Selon elle, « certains candidats » cherchent à s’auto-proclamer vainqueurs, créant une confusion dangereuse pour la paix civile.
« Une telle attitude sape les fondements de notre démocratie et menace la stabilité du pays », a insisté André Teuabo lors de la conférence de presse tenue à Yaoundé.
La coalition rappelle que le Conseil constitutionnel dispose encore de plusieurs jours pour achever le recensement général des votes, supervisé par Clément Atangana et son équipe. En vertu de la loi, seul le Conseil est habilité à publier les résultats définitifs de la présidentielle.
Face à la montée des rumeurs et à la multiplication des vidéos d’autoproclamation sur les réseaux sociaux, le C21 appelle les Camerounais à la vigilance, dénonçant des « manipulations médiatiques destinées à semer le désordre ».
Appel à la paix et au respect des institutions
Au-delà des critiques, la coalition a lancé un appel fort à la retenue et à la responsabilité.
« Le peuple camerounais a voté dans le calme et la dignité. Ce n’est pas maintenant qu’il faut tout gâcher », a lancé le porte-parole du C21.
L’opposition demande à toutes les formations politiques de respecter les institutions républicaines et d’attendre la décision finale du Conseil constitutionnel.
Par ailleurs, le C21 condamne avec fermeté les violences signalées dans certaines régions, notamment dans le Nord-Ouest, le Sud-Ouest, le Littoral et l’Ouest, où des actes d’intimidation auraient été rapportés.



