Figure historique du combat démocratique camerounais, le bâtonnier Yondo Black Mandengue est décédé le 16 octobre 2025 à Douala. L’annonce de sa disparition a bouleversé le pays.
Le leader du MRC, Pr Maurice Kamto, lui a rendu un hommage poignant : « Tu ne fus pas distrait des malheurs de ton peuple. »
Ce départ marque la fin d’une ère pour tous ceux qui ont connu le souffle des années 1990 et les luttes pour les libertés au Cameroun.
Comment le pays se souviendra-t-il de cet homme de loi devenu symbole de résistance pacifique ?
⚖️ Un avocat de conviction, un patriote sans compromis
Ancien bâtonnier du barreau du Cameroun, Yondo Black Mandengue fut bien plus qu’un avocat. C’était un résistant politique, un homme qui osa parler quand le silence semblait plus sûr.
Dans les années 1990, il se range aux côtés de figures comme Ekane Anicet ou Djeukam Tchameni, militant pour la démocratie au prix de sa liberté.
« Il a fait de la prison pour la presse, pour la vérité, pour la dignité de son peuple », rappelle un journaliste de Douala, ému.
Ses prises de position contre les injustices et les dérives du pouvoir ont fait de lui une légende du combat citoyen camerounais.
🕊️ Kamto s’incline : « Rien n’est fini ici »
Parmi les nombreux hommages, celui du Pr Maurice Kamto a particulièrement touché les esprits. Dans un texte poétique et solennel intitulé « Au feu bâtonnier Yondo Mandengue Black », le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a salué la mémoire d’un homme « parti au milieu de la tempête », symbole d’un combat inachevé.
« Tu ne fus pas distrait des malheurs de ton peuple et maintenant tu t’en vas au milieu de la tempête… je sais que tu sais que rien n’est fini ici. »
Ce message, largement partagé sur les réseaux sociaux, résonne comme un cri du cœur, mais aussi comme un rappel : les idéaux pour lesquels Yondo Black s’est battu demeurent vivants.
🔥 Une vie de luttes et de principes
Né dans un Cameroun encore jeune, Yondo Black a consacré sa carrière à défendre les droits humains et l’État de droit. Son franc-parler lui valut souvent l’exil ou la prison, mais il n’a jamais plié.
Le 11 octobre 2018, il avait encore surpris l’opinion en prononçant un discours courageux après la présidentielle, depuis la maison d’Albert Dzongang à Douala.
Le 5 juin 2020, il dénonçait publiquement une possible « succession de gré à gré » à la tête de l’État, un geste rare dans un climat politique souvent verrouillé.
« Il parlait vrai, sans haine, avec la force tranquille de ceux qui n’attendent rien du pouvoir », confie un confrère du barreau de Douala.
Avec la mort de Yondo Black, c’est une page essentielle de l’histoire du Cameroun moderne qui se tourne. Mais son esprit, sa parole et sa droiture continueront d’inspirer les générations futures.
Comme l’écrit Kamto, « rien n’est fini ici ».
Le Cameroun saura-t-il faire vivre cet héritage de courage et de lucidité ?



