Djeuga Palace n’en a pas fini avec son interminable bataille foncière. Après la suspension, le 17 juillet 2026, d’un arrêté annulant le titre foncier 318/WA, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières aurait pris une nouvelle décision le 30 juillet. Celle-ci reprendrait l’annulation du document attribué à la Société hôtelière Djeuga Palace, propriété de l’homme d’affaires et député Jean-Claude Feutheu. Franchement, ce dossier est loin d’être refermé.
Un titre foncier annulé, puis remis en cause
Le litige oppose depuis 2008 la Société hôtelière Djeuga Palace au Cabinet Conseil Atou. Le terrain concerné couvre environ 1,7 hectare dans la ville de Douala. L’hôtel, en construction depuis près de 17 ans, est installé sur un espace dont l’origine foncière fait l’objet d’une contestation persistante.
En février 2026, le ministre Henri Eyebe Ayissi avait déjà annulé le titre foncier 318/WA, à la suite d’une requête du Cabinet Conseil Atou. L’information avait été relayée par plusieurs médias, dont Kaptmedia, qui présentait cette décision comme une mesure visant le titre détenu par la société hôtelière de Jean-Claude Feutheu.
Le Tribunal administratif du Littoral avait ensuite suspendu les effets de cet arrêté le 17 juillet. Cette décision pouvait laisser croire à un répit pour le promoteur. Mais la nouvelle décision ministérielle annoncée le 30 juillet change la donne, du moins sur le plan administratif.
Le domaine de l’ex-REGIFERCAM au centre du dossier
D’après les éléments communiqués dans cette affaire, deux juridictions administratives, à Douala et à Yaoundé, auraient déjà examiné la nature du terrain depuis 2015. Un jugement avant dire droit du Tribunal administratif de Yaoundé, exécuté par commission rogatoire à Douala, aurait conclu que la parcelle relevait du domaine de l’ex-REGIFERCAM.
Cette emprise aurait été définie par un arrêté du 6 avril 1926 du haut-commissaire de la République française au Cameroun, autour de l’ancienne Gare du Centre de Douala. C’est sur cette base que le MINDCAF aurait repris l’annulation du titre foncier 318/WA.
Selon une note attribuée au Cabinet Conseil Atou, le contentieux ne porterait pas seulement sur la propriété privée du terrain, mais sur l’occupation d’une dépendance du domaine public. Le cabinet réclamerait le paiement du prix correspondant à l’utilisation de cette parcelle.
Difficile de ne pas y voir un sérieux revers pour Djeuga Palace. Rien ne permet toutefois, à ce stade, de connaître la portée exacte du nouvel arrêté ni la prochaine décision des tribunaux saisis. L’honorable Feutheu pourrait tenter d’obtenir un autre sursis. Encore faut-il convaincre des juridictions déjà intervenues dans le dossier.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

