Un sous-préfet qui prend la parole pour faire la leçon à un chef supérieur devant ses pairs et son peuple — la scène a glacé l’assistance. À Bazou, dans la région de l’Ouest, la cérémonie d’intronisation du chef de 3ᵉ degré de Ntunze a viré au malaise quand le représentant de l’État a jugé bon d’interpeller Sa Majesté Happy Tchoua Marcellin sur le protocole, sur un ton jugé autoritaire et déplacé. Un fonctionnaire peut-il se permettre d’humilier publiquement une institution traditionnelle ?
À Bazou, un sous-préfet oublie où il est — et à qui il parle
La scène se déroule lors de l’entrée solennelle du chef supérieur de Bazou, Sa Majesté Happy Tchoua Marcellin, accompagné d’une délégation d’au moins 7 autres monarques. Moment de prestige, de solennité, de fierté communautaire. C’est précisément à cet instant que le sous-préfet choisit d’intervenir publiquement pour évoquer des règles protocolaires — avec un ton que les témoins décrivent comme abrupt, autoritaire et totalement déplacé.
Selon l’animateur TV et radio Charles Armel Mbatchou, présent et témoin des faits, « des témoins évoquent un ton jugé abrupt, autoritaire et inapproprié pour un moment censé honorer les institutions traditionnelles. » Plusieurs observateurs estiment que ces remarques auraient largement pu être formulées en privé, avec tact, loin des populations et des dignitaires réunis pour célébrer leur culture.
Le malaise a été immédiat. Dans la foulée, des voix s’élèvent désormais ouvertement pour réclamer le départ du sous-préfet de l’arrondissement. Pour les notables de Bazou, toucher à la figure du chef supérieur, c’est toucher à l’âme même de la communauté. Un fonctionnaire nommé, muté, révocable — face à une institution enracinée dans des siècles d’histoire. Le choix du moment et du ton révèle, au mieux, une grave méconnaissance des réalités locales. Au pire, un mépris assumé.



