View Kamer

Traoré supprime l’expérience exigée aux jeunes


Au Burkina Faso, le président Ibrahim Traoré vient de prendre une décision qui fait parler bien au-delà des frontières du pays. Il a officiellement supprimé l’exigence d’expérience professionnelle dans les appels d’offres et les recrutements publics, pour donner aux jeunes une vraie chance d’accéder au marché du travail. Une mesure simple, mais qui touche à un problème que des millions de jeunes Africains connaissent bien.

Une décision qui s’attaque à un cercle vicieux

Le raisonnement d’Ibrahim Traoré est limpide :

« Si vous ne donnez pas à un jeune l’opportunité d’exécuter un premier marché, comment pourra-t-il acquérir de l’expérience ? Arrêtons d’exiger l’expérience. Au Burkina Faso, cette exigence a été levée. »

Derrière cette phrase, une réalité que beaucoup de jeunes vivent au quotidien : on leur demande 2 à 5 ans d’expérience pour un premier poste. Mais comment avoir de l’expérience sans avoir jamais eu la chance de travailler ? C’est le serpent qui se mord la queue.

En levant cette barrière, Ouagadougou envoie un signal fort. Les jeunes Burkinabés pourront désormais postuler à des marchés publics et des postes sans être bloqués dès le départ par ce critère. Le gouvernement fait le pari que le talent et la formation suffisent pour un premier contrat — et que l’expérience s’acquiert sur le terrain.

Une mesure qui résonne à travers toute l’Afrique

Cette décision dépasse largement le cadre burkinabé. Dans toute l’Afrique subsaharienne, le chômage des jeunes est un défi structurel majeur. Selon les données de l’Organisation Internationale du Travail, le taux de chômage des jeunes en Afrique subsaharienne dépasse 12 % en moyenne, avec des pics bien au-delà dans certains pays.

Au Cameroun, comme dans de nombreux pays de la sous-région, la même logique prévaut : les offres d’emploi exigent régulièrement plusieurs années d’expérience, même pour des postes de débutants. Les jeunes diplômés de Yaoundé ou Douala, pourtant formés dans des universités et grandes écoles, se retrouvent souvent coincés dans ce paradoxe.

La décision de Traoré relance donc un débat plus large : faut-il réformer les critères de recrutement pour permettre aux jeunes de décrocher leur première opportunité professionnelle ? Plusieurs voix s’élèvent déjà pour appeler d’autres chefs d’État africains à suivre cet exemple.



Source link

View Kamer

FREE
VIEW