(Investir au Cameroun) – Le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, annonce la suspension de l’immatriculation des navires battant pavillon camerounais destinés à naviguer dans les eaux internationales, dans l’attente d’une réforme visant à renforcer le cadre juridique d’attribution du pavillon national. La mesure doit entrer en vigueur « dès ce 6 février ».
Selon le ministre, la décision fait suite au constat « d’immatriculations frauduleuses effectuées au moyen d’applications non autorisées ». En creux, le gouvernement conteste la responsabilité de l’État dans les dérives attribuées ces derniers mois à des navires arborant le pavillon camerounais, en soutenant qu’ils auraient été enregistrés à l’insu des autorités. « Le gouvernement de la République du Cameroun dénonce cet usage frauduleux du pavillon national et décline toute responsabilité à l’égard de ces actes répréhensibles », indique le ministre.
Cette thèse du piratage est toutefois questionnée par une liste gouvernementale consultée par Investir au Cameroun, qui fait état de plus de 200 navires battant pavillon camerounais régulièrement enregistrés par le ministère des Transports dans les ports de Douala, Kribi et Limbé.
Ces derniers mois, plusieurs navires aux couleurs du Cameroun ont été arraisonnés pour pêche illicite, transport de cocaïne, ou parce qu’ils étaient rattachés à la « flotte fantôme » soupçonnée de contourner les sanctions internationales visant le pétrole russe. En décembre 2025, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a sanctionné trois navires battant pavillon camerounais, dans le cadre d’un paquet visant des bâtiments liés à des flux commerciaux associés à la Russie.
Le Cameroun avait déjà engagé des ajustements en 2023 et 2024. En 2023, Yaoundé avait tenté d’assainir le secteur après un « carton rouge » associé aux défaillances de contrôle, notamment sur la pêche illicite. En 2024, le ministère des Transports avait annoncé la digitalisation de l’enregistrement des navires, avec une procédure en ligne visant à sécuriser et tracer les immatriculations.
Ludovic Amara
Lire aussi:



