Plus de 200 maladies seraient soignées par une simple écorce venue des forêts de Lolodorf : le Soumb, présenté comme un remède miracle, attire désormais des foules entières en quête de guérison. Témoignages bouleversants, files humaines interminables, scènes quasi spirituelles… le phénomène prend une ampleur nationale.
Le dernier récit en date, celui d’une patiente affirmant avoir retrouvé une vision normale après consommation du Soumb, a mis le feu aux poudres : « Ce n’est pas du jeu, j’ai senti mes yeux s’ouvrir », affirme-t-elle.
Face à cet engouement massif, une question s’impose : le Cameroun tient-il un trésor thérapeutique… ou une illusion dangereuse ?
Un engouement national autour du Soumb, remède miracle venu de la forêt
Le Soumb remède miracle est désormais au cœur d’un véritable mouvement populaire.
Distribué gratuitement par Marcel Thierry Massaga, descendant pygmée et dépositaire autoproclamé de ce savoir ancestral, le produit circule dans tout le pays.
Son origine remonte à une cérémonie initiatique tenue en pleine forêt, où un patriarche pygmée lui aurait transmis l’écorce et un « code secret » de guérison.
Depuis, Massaga affirme traiter des pathologies lourdes :
- hypertension,
- glaucome,
- diabète,
- hépatites,
- maladies chroniques,
- infections sexuellement transmissibles,
- VIH/Sida selon certains témoignages.
Dans un forum WhatsApp, les récits se multiplient. Une ex-patiente raconte :
« Je voyais flou. Il a imposé les mains, j’ai bu le Soumb… le lendemain, tout était clair. Dieu a utilisé ses mains. »
Les sceptiques parlent d’exagération, mais les foules n’en ont que faire.
Soumb remède miracle : une foule immense prête à tout pour y accéder
Le 8 novembre dernier, l’esplanade du restaurant Anzouer Village à Douala a été envahie dès l’aube.
Hommes, femmes, vieillards, mères avec enfants… tous attendaient la distribution gratuite du Soumb. Certains ont voyagé depuis Garoua, Bertoua ou Bafoussam malgré les pluies et l’état des routes.
Sur place, les écorces et feuilles issues des forêts du Sud étaient exposées comme dans un sanctuaire.
« Le Soumb purifie le sang et chasse les impuretés », martèle Massaga, refusant toute commercialisation. Il ne réclame que du savon, du riz, du sucre ou des machettes : des dons symboliques.
Face à la montée en puissance du produit, certains concurrents l’accusent de « surenchère thérapeutique ».
Massaga réplique :
« Je ne suis pas charlatan. Je suis le serviteur de mes ancêtres. Ce sont eux qui guérissent. »
Un produit protégé, mais une polémique qui ne faiblit pas
Pour éviter les contrefaçons, le Soumb est désormais protégé à l’OAPI, signe que l’affaire dépasse le simple folklore.
Massaga, neveu du célèbre René Jacques N’gouo Woungly Massaga, assure que le produit agit grâce à une combinaison de plantes et à des prières ancestrales de la dynastie Nlimazouang, vieille de 800 ans.
Il annonce une campagne nationale et internationale de distribution en janvier prochain, alors que la demande explose.
Mais la polémique demeure : guérison réelle ou placebo dopé par la ferveur populaire ?
Les malades, eux, répondent sans hésiter :
« Quand ça marche, on ne discute pas. »
Le Soumb s’impose comme l’un des phénomènes médicinaux les plus fascinants du Cameroun.
Entre croyances ancestrales, guérisons inattendues et critiques persistantes, le pays oscille entre foi et prudence.
La question reste ouverte : le Soumb est-il vraiment un remède miracle… ou simplement l’expression d’un peuple en quête d’espoir ?



