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Scanning au Pad : l’État se contredit


C’est une scène institutionnelle inédite au Cameroun. Sur le scanning des marchandises au Port autonome de Douala, deux décisions opposées s’entrechoquent au sommet de l’État. Une instruction attribuée au Paul Biya valide l’éviction de SGS, tandis que la Primature ordonne le maintien du contrat. Entre messages confidentiels, réunions de crise et silence juridique, le pays découvre une fracture troublante. Qui décide réellement sur ce dossier stratégique aux milliards de FCFA ?

Quand Etoudi et la Primature s’opposent frontalement

Le nœud du conflit remonte à une correspondance confidentielle datée du 26 janvier 2026, attribuée au Chef d’état-major particulier du Président de la République. Le document indique que le Chef de l’État aurait marqué son accord pour le départ définitif de SGS de l’emprise du Port Autonome de Douala, au profit de Transatlantic D S.A., dans le cadre du projet de scanning à 100 % des marchandises.

Mais ce signal présidentiel supposé est immédiatement contredit. À l’issue d’une réunion de crise à la Primature, le Joseph Dion Ngute ordonne le maintien du contrat de SGS, rappelant qu’il s’agit d’un contrat signé avec l’État et qu’il ne revient pas au Port autonome de Douala d’y mettre fin. Selon les informations officielles, le contrat conclu en 2015 pour 10 ans aurait été prorogé jusqu’en 2032.

La controverse prend une dimension juridique majeure. L’article 51 du décret de 2011 organisant la Présidence limite les attributions de l’état-major particulier aux affaires militaires. Aucune disposition ne lui confère compétence en matière de concessions économiques. Pour plusieurs juristes, un arbitrage présidentiel devrait être matérialisé par décret ou acte administratif régulier.

Pris entre ces injonctions contradictoires, le Port de Douala—pivot des échanges commerciaux—se retrouve au cœur d’une bataille institutionnelle aux lourdes conséquences économiques.

Au-delà du duel SGS–Transatlantic, l’affaire du scanning pose une question centrale : qui commande réellement l’exécutif camerounais ? Tant que la contradiction persistera, l’État y perdra en clarté et en crédibilité. Qu’en pensez-vous ?



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