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Scandale à l’Université de Yaoundé 1 sur les admissions en thèse


Des étudiants de l’Université de Yaoundé 1 ont adressé une lettre ouverte au Président de la République pour dénoncer une sélection jugée opaque et injuste pour l’accès en première année de thèse. Sur des milliers de candidatures déposées, seuls 60 dossiers ont été retenus — sans critères clairement expliqués. Une situation qui soulève de sérieuses questions sur la gestion des fonds collectés.

Une sélection aux allures de scandale

Selon la correspondance rendue publique, un appel à candidatures pour la première année de thèse a été lancé à l’Université de Yaoundé 1. Des milliers d’étudiants y ont répondu, espérant enfin accéder à la recherche universitaire après plusieurs années de blocage.

Mais le résultat a surpris plus d’un : seuls 60 candidats ont été retenus par le recteur, le Pr Rémy Magloire Etoua. Aucune grille de sélection n’a été communiquée publiquement pour justifier ce chiffre.

Ce qui aggrave la situation, c’est l’aspect financier. Chaque candidat devait déposer son dossier avec 15 000 FCFA. Sur une base de 3 000 candidatures — un chiffre cité par les étudiants comme exemple réaliste —, cela représente au moins 45 millions de FCFA collectés. Pour seulement 60 admissions. La destination de ces fonds n’est pas expliquée.

« En nous refusant le droit fondamental à l’éducation, on nous pousse inexorablement vers la révolte et le désespoir », écrivent les étudiants dans leur lettre adressée au Chef de l’État.

Une université déjà fragilisée par des scandales

Ce n’est pas la première fois que l’Université de Yaoundé 1 se retrouve sous les projecteurs pour de mauvaises raisons. L’établissement avait déjà été secoué par un scandale lié à la délivrance de diplômes dans le cadre du programme WES (World Education Services), affectant des centaines d’étudiants désireux de poursuivre des études à l’étranger.

Les étudiants rappellent dans leur lettre que cette situation dure depuis plus de trois ans, période pendant laquelle les inscriptions en thèse auraient été bloquées. Une génération entière de jeunes chercheurs se retrouve ainsi dans l’impasse, sans possibilité d’avancer académiquement ni de contribuer à la recherche nationale.

La lettre a été transmise au Président de la République, à des ONG nationales et internationales, ainsi qu’à l’opinion publique. Les signataires réclament transparence, justice et réouverture effective des inscriptions.

L’affaire est désormais publique et pourrait contraindre les autorités académiques à s’expliquer. La réaction du recteur de l’Université de Yaoundé 1 et du ministère de l’Enseignement supérieur est attendue. Les étudiants, eux, disent ne plus vouloir attendre.



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