La tension monte au lendemain du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025. Dans un communiqué officiel, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a appelé les acteurs politiques, la société civile et les médias à un “sens civique et patriotique”.
Cette sortie survient après que certains candidats se sont proclamés vainqueurs sur les réseaux sociaux, avant la proclamation officielle du Conseil constitutionnel.
« Toute démarche contraire à la loi constitue une atteinte grave à la réglementation en vigueur », avertit le ministre. Le ton est donné. Mais cette mise en garde suffira-t-elle à calmer les ardeurs ?
René Emmanuel Sadi rappelle la loi et le processus électoral
Dans son communiqué, le ministre cite les articles 62, 69 et 137 du Code électoral, rappelant que seul le Conseil constitutionnel est habilité à proclamer les résultats officiels de l’élection présidentielle, dans un délai maximum de quinze jours après le scrutin.
Il détaille les étapes du processus :
- les commissions locales disposent de 48 heures pour transmettre leurs procès-verbaux,
- les commissions départementales ont 72 heures pour superviser et valider,
- la Commission nationale de recensement général dispose ensuite de 5 jours pour comptabiliser les résultats avant de les transmettre au Conseil constitutionnel.
« Toute proclamation prématurée est illégale », insiste René Emmanuel Sadi, rappelant que chaque candidat est représenté à toutes les étapes du dépouillement.
À Yaoundé, la sortie du gouvernement est perçue comme une réponse directe aux déclarations d’Issa Tchiroma Bakary et d’autres figures politiques ayant revendiqué la victoire.
Entre apaisement et fermeté : un message à double tranchant
Le communiqué du ministre ne se limite pas à un rappel juridique. Il envoie un message politique clair : le gouvernement veut reprendre le contrôle du récit électoral.
René Emmanuel Sadi appelle les Camerounais à la patience et à la maturité :
« Le gouvernement invite instamment les Camerounaises et les Camerounais à faire preuve de responsabilité et de sérénité. »
Cependant, certains observateurs estiment que ce ton ferme pourrait attiser les tensions, dans un climat déjà électriquement chargé à Douala, Bafoussam et Garoua, où des affrontements et des manifestations ont été signalés.
Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent : entre ceux qui saluent la fermeté de l’État et ceux qui dénoncent une stratégie de musellement, le pays semble plus divisé que jamais.
Un moment décisif pour la démocratie camerounaise
À quelques jours de la proclamation des résultats officiels, les regards sont tournés vers le Conseil constitutionnel.
Les appels au calme du gouvernement seront-ils suivis ?
Ou au contraire, la méfiance vis-à-vis du processus électoral va-t-elle encore grandir ?
Ce qui est sûr, c’est que le Cameroun joue une page cruciale de son histoire démocratique. Et pour beaucoup, la sérénité ne suffira plus : le peuple attend la transparence.



