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révision constitutionnelle et vice-président au Congrès


Le Cameroun s’apprête à vivre un tournant institutionnel. Le projet de révision constitutionnelle soumis au Congrès du Parlement ne se limite pas à la création d’un poste de vice-président : il restructure l’ensemble de l’exécutif et renforce les mécanismes de responsabilité au sommet de l’État. C’est Laurent Esso, Ministre d’État et Garde des Sceaux, qui défendra ce texte devant le Congrès.

Un exécutif recentré autour du Président

L’article 10 nouveau est l’un des plus structurants du texte. Il consacre le Président de la République comme l’unique pôle de décision de l’exécutif. C’est lui qui nomme le Vice-Président, le Premier Ministre et, sur proposition de ce dernier, les membres du gouvernement. Il fixe leurs attributions et peut y mettre fin à tout moment.

Le Président préside le Conseil des ministres et peut déléguer certains pouvoirs au Vice-Président, au Premier Ministre ou à d’autres hauts responsables de l’État. En cas d’empêchement temporaire, il peut désigner l’un d’eux pour exercer certaines fonctions via une délégation expresse.

Le texte précise également que les fonctions de Président et de Vice-Président sont incompatibles avec toute autre fonction publique élective ou activité professionnelle. Une règle de concentration totale des responsabilités au sommet.

La Haute Cour de Justice, nouveau gardien du pouvoir

L’article 53 nouveau est tout aussi significatif. Il élargit les compétences de la Haute Cour de Justice, qui devient compétente pour juger :

  • Le Président de la République en cas de haute trahison
  • Le Vice-Président, le Premier Ministre et les membres du Gouvernement en cas de complot contre la sûreté de l’État

Mais le dispositif reste extrêmement encadré pour ce qui concerne le Chef de l’État. Sa mise en accusation nécessite un vote identique de l’Assemblée Nationale et du Sénat, acquis à la majorité des 4/5 des membres. Un seuil quasi inatteignable dans le contexte politique actuel.

Selon Shance Lion, lanceur d’alerte et observateur de la vie politique camerounaise, ce texte vise à garantir l’exclusivité et la pleine concentration des responsabilités au sommet de l’État.

Ce projet de révision constitutionnelle dessine un exécutif plus vertical, mieux structuré, mais aussi plus concentré entre les mains du Chef de l’État. Une fois le Congrès tenu, les regards se tourneront vers une seule question : qui sera nommé Vice-Président ? Ce choix dira beaucoup sur la direction que prend le Cameroun.



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