(Investir au Cameroun) – Le 10 février, l’État camerounais a réglé la somme due au fonds britannique Actis pour l’acquisition de ses 51 % de parts dans Eneo, selon les informations d’Investir au Cameroun. Le paiement est intervenu six jours avant l’échéance contractuelle fixée au 16 février, sur financement du budget de l’exercice 2026, confie une source autorisée. Réalisée sans annonce publique, l’opération est évaluée à 78 milliards FCFA et clôt plus de deux années de discussions entre Yaoundé et Actis, entré au capital d’Eneo en 2014.
Un comité de travail interministériel a été mis en place pour piloter la transition, tandis que la nouvelle architecture managériale n’a pas encore été rendue publique. Les autorités disent vouloir préserver les emplois et garantir la continuité du service. « Cette opération n’entraîne aucune modification du statut ou des droits du personnel d’Eneo », indiquaient les ministres des Finances et de l’Eau et de l’Énergie dans un communiqué conjoint lors de la signature de l’accord.
L’accord officialisant la sortie d’Actis a été signé le 19 novembre au ministère des Finances, en présence du ministre Louis Paul Motazé, du ministre de l’Eau et de l’Énergie Gaston Eloundou Essomba et d’une délégation du fonds. À l’issue de l’opération, l’État détient désormais 95 % du capital d’Eneo, les 5 % restants étant réservés aux employés. Cette recomposition actionnariale acte une renationalisation du concessionnaire de la distribution d’électricité et ouvre une nouvelle séquence de gouvernance.
Le 22 janvier à Douala, lors d’une rencontre avec des chefs d’entreprise, Gaston Eloundou Essomba a présenté les « 100 premiers jours d’action » consécutifs à la reprise de contrôle. Le diagnostic posé est celui d’une crise d’abord économique avant d’être technique. Le plan du ministère de l’Eau et de l’Énergie repose sur trois axes : renégocier la dette avec les banques locales pour allonger les maturités, apurer progressivement les arriérés dus par les entités publiques et réduire les coûts d’exploitation.
La stratégie est arrimée à l’Energy Compact signé en août 2025, qui fixe un objectif de 3 000 MW de capacité installée d’ici 2030 et une extension de l’accès à l’électricité à huit millions de personnes supplémentaires. Devant plus de 200 représentants d’entreprises réunis au siège du Gecam à Bonanjo, les industriels ont plaidé pour un dialogue transparent et des outils de suivi opérationnel afin de mesurer les progrès en production et en distribution, une condition jugée déterminante pour préserver la confiance des investisseurs.
Amina Malloum
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