
Forcer une porte dans une institution de l’État. C’est le geste reproché à Ketcha Célestine, Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, lors d’un incident survenu à l’Hôtel de Ville de Yaoundé. Derrière la conférence de presse organisée en urgence par le MINHDU, des accusations graves émergent : vandalisme, abus d’autorité, insultes envers des élus municipaux. Une plainte pénale serait même envisagée contre la ministre. Un membre du gouvernement peut-il se placer au-dessus des lois ?
Porte forcée, insultes, poursuite pénale : une crise institutionnelle sans précédent
Selon les faits rapportés, Ketcha Célestine aurait fait usage de la force physique pour pénétrer dans les locaux de la Communauté Urbaine de Yaoundé (CUY), en l’absence du Maire de la Ville. Des agents municipaux auraient été traités de « fainéants ». Des dégâts matériels sont signalés sur l’édifice public.
Ses défenseurs invoquent une situation de « séquestration ». Ses détracteurs répondent que dans un État de droit, un différend administratif se règle par la hiérarchie ou les forces de l’ordre — jamais par l’auto-justice. La destruction de biens publics constitue une infraction pénale, quelle que soit la fonction de son auteur.
Le paradoxe est violent : comment un gouvernement qui condamne le saccage des ambassades camerounaises par des activistes peut-il tolérer qu’un ministre utilise les mêmes méthodes au cœur de Yaoundé ? La CUY, gestionnaire légal du patrimoine municipal, serait fondée à déposer une plainte formelle pour exiger réparation.



