(Investir au Cameroun) – La Société financière internationale (SFI) renforce son ancrage au Cameroun en ciblant le principal point de blocage du financement des PME : le risque de défaut. En partenariat avec l’Association des professionnels des établissements de crédit du Cameroun (Apeccam), elle a réuni, le 18 novembre 2025 à Douala, une trentaine de représentants du secteur bancaire autour de nouveaux outils de gestion des risques, d’inclusion financière et de transformation digitale, destinés à faciliter l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises.
L’atelier de Douala, co-organisé par la SFI et l’Apeccam, avait pour objectif de présenter les produits de la SFI et leur valeur ajoutée pour les institutions financières en matière de financement, de gestion des risques, d’inclusion financière et de transformation digitale.
La discussion s’est concentrée sur la gestion des risques de financement des PME, qui représentent plus de 98 % du tissu économique national, mais affichent un taux de sinistralité élevé, atteignant 20 %. Selon les experts financiers, un tel niveau de défaut se traduit par des primes de risque et des taux d’intérêt plus élevés pour les PME lorsqu’elles sollicitent des crédits, ce qui freine leur accès au financement bancaire.
Des instruments d’atténuation du risque pour les banques
Si les banques locales disposent d’une capacité de sélection des risques, la SFI entend compléter ce dispositif en apportant des outils de partage et de réduction du risque. « Il s’agirait pour l’essentiel de mettre en place des instruments d’atténuation de risques des PME pour que le taux de sinistralité de ce secteur soit réduit à une proportion acceptable. La norme internationale tourne autour de 5 % », explique Pierre Kam, secrétaire exécutif de l’Apeccam.
Filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, la SFI souhaite ainsi s’impliquer davantage dans le financement des PME, en proposant un accompagnement sur mesure aux établissements décidés à engager des transformations plus profondes : diagnostic complet, appui technique et conseil stratégique. Selon Charlotte Ndaw Sako, directrice régionale de la SFI, cluster Cameroun, « ces outils doivent permettre aux banques d’améliorer la qualité du service, d’anticiper les risques et de saisir de nouvelles opportunités sur un marché en mutation ».
Un portefeuille en croissance au service des PME
La SFI rappelle qu’elle a déjà noué plusieurs collaborations au Cameroun, dont un prêt de 37,5 milliards de FCFA accordé en avril dernier à Afriland First Bank pour faciliter l’accès au crédit des PME, notamment celles dirigées par des femmes. Ce partenariat intègre également des actions de renforcement des capacités internes, afin d’améliorer les processus de gestion du risque et la qualité de l’intermédiation bancaire.
L’atelier de Douala s’inscrit dans cette dynamique d’accompagnement des banques camerounaises vers des modèles plus innovants et résilients, adaptés à une économie dominée par les PME. À ce jour, la SFI revendique un portefeuille de 164 milliards de FCFA au Cameroun et ambitionne de le porter à plus de 300 milliards de FCFA dans trois ans.
Au Cameroun, la SFI intervient principalement dans les infrastructures (énergie, transports, télécommunications), le secteur financier (banques, assurances, microfinance), la santé et l’éducation, l’agriculture et les industries manufacturières, ainsi que dans le climat et le développement durable. Cette diversification sectorielle doit favoriser un environnement plus favorable au secteur privé, en particulier aux PME, tout en améliorant la soutenabilité des modèles économiques bancaires exposés à un risque de crédit élevé.
Frédéric Nonos
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