Depuis l’adoption en cours du projet de loi créant un poste de vice-président de la République au Cameroun, les spéculations vont bon train à Yaoundé. Parmi les noms qui circulent avec insistance, celui de Philémon Yang revient régulièrement. Ancien Premier ministre, anglophone, expérimenté : son profil coche plusieurs cases. Mais rien n’est officiel.
Un profil solide, une carrière au sommet de l’État
Philémon Yang, de son nom complet Philémon Yunji Yang, né le 14 juin 1947 à Jiketem-Oku (département du Bui, Cameroun), dans la région du Nord-Ouest, Philémon Yang est l’une des figures les plus emblématiques de la politique camerounaise. Juriste de formation, il a notamment été Premier ministre du Cameroun de 2009 à 2019, soit une décennie entière au poste le plus élevé de l’exécutif après la présidence.
Depuis septembre 2023, il occupe le poste de Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, une fonction internationale de premier rang qui lui a donné une visibilité mondiale. Ce mandat a pris fin en 2025, le ramenant dans le jeu politique national.
Son profil présente plusieurs atouts dans le contexte actuel. D’abord, il est anglophone, ce qui aurait une forte valeur symbolique dans un pays marqué par la crise anglophone qui dure depuis 2016. Ensuite, il dispose d’une expérience institutionnelle rare : il connaît les rouages de l’État camerounais comme peu d’autres.
Une logique politique et symbolique forte
La création du poste de vice-président répond, selon le texte soumis au Congrès, à une volonté de renforcer la continuité de l’État et de clarifier la succession en cas de vacance du pouvoir. Dans ce cadre, nommer un anglophone expérimenté enverrait un signal fort vers les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, toujours en proie à une crise sécuritaire et identitaire profonde.
Philémon Yang bénéficie d’une image de modéré et de rassembleur. Il n’est pas perçu comme un homme de rupture, mais comme un gestionnaire fiable, capable de maintenir la stabilité. Des qualités précisément recherchées pour un poste conçu, constitutionnellement, pour assurer la continuité.
Aucune source officielle n’a confirmé sa candidature ou un quelconque intérêt de Paul Biya en ce sens. Mais dans les couloirs de l’Assemblée nationale à Yaoundé, son nom s’impose naturellement dans les conversations.
Le vote du Congrès est imminent. Une fois le texte adopté, Paul Biya aura seul le pouvoir de nommer le premier vice-président de l’histoire récente du Cameroun. Le nom de Philémon Yang sera scruté de près. Comme celui de quelques autres.



