View Kamer

Ouvriers Beac Cameroun ► colère et révélations


Plus de 150 ouvriers du nouveau siège de la Beac à Yaoundé affirment cumuler jusqu’à cinq mois de salaires impayés, selon plusieurs témoignages recueillis sur place. Mardi 11 novembre 2025, dès l’aube, ces travailleurs ont envahi l’esplanade de la Primature pour “faire entendre une vérité que personne ne veut écouter”. Assis à même le sol, visages tirés, ils ont dénoncé des conditions de vie jugées “inhumaines”. « On souffre ici dehors, ce n’est pas du jeu ! », lâche un maçon épuisé.
Face à une telle détresse, comment le chantier le plus symbolique de la sous-région en est-il arrivé là ?

Depuis plusieurs semaines, une tension sourde couvait autour du gigantesque chantier du futur siège de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), situé au cœur du quartier administratif de Yaoundé. Le 11 novembre 2025, elle a explosé publiquement. Une cinquantaine d’ouvriers ont pris d’assaut l’entrée de la Primature pour réclamer leurs salaires, leur logement, leurs primes de risque et la régularisation de leurs contrats.

« Nous avons travaillé sans relâche, parfois sous la pluie, parfois dans des zones dangereuses, et aujourd’hui on nous laisse là comme si on ne valait rien », explique un jeune coffreur, la voix cassée par la fatigue.

Cameroun ouvriers Beac : une détresse ancienne mais ignorée

D’après les travailleurs, les retards de paie seraient devenus “quasi mensuels”, plongeant nombre d’entre eux dans l’endettement. Certains affirment qu’ils dorment dans des abris improvisés, trop loin de leur famille pour rentrer au village faute de moyens.

Le chantier de la Beac, financé à hauteur de plusieurs milliards de FCFA, devait pourtant représenter une vitrine de modernité et de rigueur technique pour toute la sous-région Cemac. Mais derrière les images d’acier et de verre, beaucoup décrivent un quotidien fait de promesses non tenues, pressions et silence administratif.

« Nous ne sommes pas des machines. On a des enfants, des loyers, des médicaments à payer », lance un autre agent. « Si le gouvernement ne réagit pas, on va rester ici jour et nuit ».

Les syndicats sont également montés au créneau, réclamant une médiation urgente et un mécanisme clair de suivi des rémunérations.
Voir enquête : 237online.com/actualite-cameroun
Rubrique sociale : 237online.com/societe

Colère ouvrière Beac : un malaise qui interpelle directement l’État

Le message était clair : les ouvriers ont voulu s’adresser au Premier ministre lui-même, contournant les niveaux intermédiaires qu’ils jugent inefficaces. Fait surprenant, aucune réaction officielle n’a encore été rendue publique, ce qui alimente une frustration collective.

Certains travailleurs disent craindre des représailles. D’autres refusent désormais de reprendre le travail tant que leurs droits fondamentaux ne seront pas respectés. Une situation explosive pour un chantier stratégique censé incarner la stabilité financière régionale.

L’image de ces ouvriers épuisés, assis devant la Primature, restera comme un symbole de leur combat pour la dignité. Le chantier continue de monter vers le ciel, mais eux restent cloués au sol, attendant justice et reconnaissance.
Reste une question, simple mais lourde : jusqu’à quand ces voix seront-elles ignorées ?



Source link

View Kamer

FREE
VIEW