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Monnaie : la BEAC écarte tout scénario de dévaluation du FCFA en zone Cemac malgré la baisse des réserves


(Investir au Cameroun) – Depuis plusieurs jours, une rumeur de dévaluation du franc CFA circule en zone Cemac. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) y a répondu par un démenti public le 16 janvier 2026, assurant qu’aucune décision de ce type n’est envisagée et que la monnaie reste arrimée à des paramètres jugés maîtrisés, malgré un environnement économique plus contraint.

Pour l’institut d’émission des six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) — Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA — ces spéculations sont « infondées » et ne reposent sur aucun élément économique ni sur une décision institutionnelle. La banque centrale rappelle que le franc CFA demeure une monnaie stable et pleinement convertible, soutenue par la coopération monétaire avec la France et par des réserves de change qualifiées de « confortables ». « Notre monnaie, garantie par la coopération avec la France et soutenue par des réserves de change confortables, reste stable et convertible. Les fondamentaux économiques de la Cemac, bien que marqués par des défis, ne justifient en rien une telle mesure », indique la BEAC. Et d’insister : « aucune dévaluation du franc CFA n’est à l’ordre du jour ».

Au-delà du démenti, la BEAC réaffirme ses priorités : maintien de la stabilité des prix, préservation des réserves de change et supervision d’un système financier « sain et résilient ». Une manière de cadrer le débat autour des objectifs de politique monétaire, alors que les marchés et les agents économiques restent sensibles à tout signal sur la parité.

Réserves de change

Sur le volet des réserves — un pilier de la stabilité monétaire — la BEAC anticipe un recul de 2,6 % à fin 2025, à 6 377,3 milliards de FCFA, selon ses projections récentes. Ce niveau correspondrait à une couverture de 4,2 mois d’importations, contre 4,9 mois un an plus tôt. Cette érosion a conduit la banque centrale à resserrer les conditions monétaires, afin de préserver la stabilité du franc CFA et de soutenir la reconstitution des réserves.

Le contexte macroéconomique reste, lui aussi, plus exigeant : la croissance de la zone CEMAC est attendue à 2,4 % cette année, contre 2,7 % en 2024, notamment en raison de la contraction de l’activité pétrolière. Autrement dit, si les fondamentaux sont décrits comme suffisamment solides pour écarter une dévaluation, ils imposent en parallèle une vigilance accrue sur les équilibres externes.

Pour mémoire, la dernière dévaluation du franc CFA remonte à janvier 1994. La monnaie avait alors été dévaluée de 50 %, la parité passant de 50 à 100 FCFA pour un franc français. La décision visait à corriger une surévaluation qui pénalisait les exportations et freinait la croissance, afin de restaurer la compétitivité des économies de la zone et relancer l’activité.

Créé le 26 décembre 1945 sous l’appellation de « franc des colonies françaises d’Afrique », le franc CFA a connu plusieurs évolutions. En 1958, il devient le « franc de la Communauté française d’Afrique », avant de prendre ses dénominations actuelles : « franc de la Communauté financière africaine » pour les pays de l’Uemoa et « franc de la Coopération financière en Afrique centrale » pour les États membres de la Cemac.

Avec l’Agence Ecofin





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