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Minerai de fer et bauxite : Yaoundé affine sa stratégie fiscale pour mieux capter la rente minière


(Investir au Cameroun) – La Direction générale des Douanes a engagé ce mardi une concertation stratégique avec les principaux acteurs du secteur minier afin d’encadrer plus efficacement la taxation et le suivi des exportations de minerai de fer et de bauxite.

Réunis autour du directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, les représentants du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), de la Société nationale des mines (Sonamines) et des directions opérationnelles de la DGD (notamment DGD3, DGD7 et DGD9) ont planché sur un dispositif fiscal et logistique destiné à mieux capter les recettes issues des matières premières extractives.

L’accent a été mis sur la mutualisation des ressources, la prévisibilité et la traçabilité des flux miniers à l’exportation. Selon les services des Douanes, des taux fiscaux spécifiques sont en cours de définition pour encadrer les exportations de fer, de bauxite et de pétrole brut. Les détails de ce dispositif devraient figurer dans la Loi de Finances 2026.

Pour l’administration douanière, il s’agit d’un levier majeur de consolidation budgétaire. « Cette démarche appelle une mutualisation des ressources pour capter le maximum de recettes à l’exportation des minerais de fer et de la bauxite. Outre l’élargissement de l’assiette fiscale, l’objectif de cette concertation est d’encourager la transformation locale des matières premières extractives », précisent les services de la DGD.

Cette orientation marque une volonté claire du gouvernement de sécuriser les recettes d’exportation tout en stimulant la transformation industrielle locale, afin de réduire la dépendance aux revenus pétroliers et d’améliorer la résilience de l’économie nationale.

Le Cameroun s’appuie sur un sous-sol riche et diversifié. Le pays dispose de gisements majeurs de minerai de fer à Mbalam-Nabeba, Kribi-Lobé (estimé à 630 millions de tonnes) et Bipindi-Grand Zambi, pour un potentiel national supérieur à 3 milliards de tonnes.

Côté bauxite, le gisement de Minim-Martap représente près de 144 millions de tonnes exploitables sur 20 ans, dont l’exploitation sera facilitée par la construction d’une ligne ferroviaire dédiée.

Cette stratégie vise à monétiser le potentiel minier national dans un contexte de resserrement des conditions financières internationales et de volatilité des cours du pétrole.

Déjà en 2014, une étude gouvernementale appuyée par la Banque mondiale recensait plus de 300 nouveaux gisements répartis sur cinq régions, un potentiel encore largement inexploité à ce jour.

Amina Malloum





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