Un appel diplomatique inédit secoue la scène régionale. Mamadou Mota, président par intérim du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a adressé une lettre ouverte au président nigérian Bola Ahmed Tinubu, l’exhortant à intervenir diplomatiquement dans la crise post-électorale camerounaise.
Dans son texte intitulé « Une Intervention Diplomatique de Principes au Cameroun », Mota prévient du risque imminent d’un conflit interne.
« Le régime serait prêt à massacrer son propre peuple », écrit-il avec une gravité assumée. L’opposant demande à Abuja d’user de son influence pour préserver la démocratie et la stabilité régionale. La sous-région est-elle à l’aube d’un tournant décisif ?
Mamadou Mota en appelle au géant du Nigeria
Dans sa lettre ouverte, le leader du MRC implore le Nigeria, “géant de l’Afrique”, d’user de son poids politique et diplomatique pour éviter une dérive sanglante au Cameroun.
« Nous voyons avec une profonde détresse les actions du régime Biya. Plutôt que de défendre la voix des urnes, il semble prêt à recourir à la force brute », écrit Mota.
Le ton est grave, le propos direct. Pour lui, le Cameroun se trouve au bord d’un basculement dangereux, nourri par un refus d’accepter le “verdict populaire” du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025.
Mota insiste : une telle issue « ne serait pas seulement une tragédie nationale, mais une menace directe pour la paix en Afrique centrale et de l’Ouest ».
Il rappelle aussi la solidarité historique entre les deux nations :
« Pendant la guerre du Biafra, le Cameroun d’Ahidjo soutenait la stabilité du Nigeria. Aujourd’hui, c’est au Nigeria de renvoyer l’ascenseur. »
“Pas d’intervention militaire, mais une action diplomatique ferme”
L’opposant camerounais précise qu’il n’appelle pas à une intervention militaire, mais à une diplomatie de principes. Il demande à Tinubu de mobiliser la CEDEAO, l’Union africaine et la communauté internationale pour empêcher toute répression violente contre les civils.
« Nous vous appelons à user de votre influence pour empêcher le régime Biya de verser le sang, et pour garantir une transition pacifique et démocratique », plaide Mota.
Ce message intervient alors que les tensions restent vives dans plusieurs villes camerounaises, notamment à Douala, Yaoundé et Bafoussam, où des mouvements de contestation ont été signalés après l’élection.
Les services de sécurité sont sur le qui-vive, tandis que les regards se tournent désormais vers le Nigeria, acteur clé de la stabilité régionale.
Une alerte qui résonne au-delà des frontières
Mamadou Mota met en garde contre une crise régionale si la situation dégénère :
« Une implosion du Cameroun créerait une vague de réfugiés et déstabiliserait toute la sous-région », écrit-il.
Ce ton alarmiste s’adresse directement à la conscience panafricaine de Tinubu.
« Le monde regarde », conclut Mota, appelant à une réponse rapide avant que “le pire ne se produise”.
Son message se veut à la fois acte politique, cri d’alerte et appel humaniste — une démarche qui place le Cameroun au cœur des enjeux géopolitiques ouest-africains de 2025.



