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le SDF boycotte le Congrès sur la Constitution


Les députés du Social Democratic Front (SDF) ont refusé de participer à la plénière du Congrès du Parlement camerounais consacrée à la modification de la Constitution. Leur motif : le texte portant création du poste de vice-président a été adopté en commission sans aucun amendement, une décision qu’ils jugent inacceptable. Ce boycott du principal parti d’opposition anglophone intervient dans un contexte politique déjà sous haute tension à Yaoundé.

Un refus assumé et motivé

Le SDF ne s’est pas simplement absenté. Le parti a clairement signifié son refus de cautionner une procédure qu’il estime bâclée. Adopter en commission un texte de cette importance — une modification constitutionnelle — sans permettre le moindre amendement, c’est, selon les députés du SDF, nier le rôle du Parlement dans le processus législatif.

Le Congrès s’est tenu le 4 avril 2026 à Yaoundé. La réforme a finalement été adoptée par 205 voix pour et 16 contre. Les absences du SDF se sont donc fait sentir dans ce décompte, même si elles n’ont pas suffi à bloquer le texte.

Pour les élus SDF, participer à une telle séance aurait signifié valider une méthode qu’ils refusent : celle d’un texte verrouillé avant même d’arriver en plénière, sans marge de discussion réelle pour l’opposition.

Un signal politique fort dans un contexte tendu

Ce boycott ne concerne pas seulement une procédure. Il s’inscrit dans un malaise plus large. La réforme constitutionnelle adoptée ce jour crée un poste de vice-président nommé directement par le président Paul Biya, 93 ans. L’opposition, dans son ensemble, voit dans cette mesure une manœuvre pour organiser une succession sans passer par les urnes.

Le SDF, ancré principalement dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, porte aussi une sensibilité particulière. Ces régions sont en crise depuis 2017, et toute réforme institutionnelle perçue comme unilatérale y est reçue avec d’autant plus de méfiance.

Maurice Kamto avait de son côté parlé de « coup d’État institutionnel ». Le SDF, sans aller jusqu’à ce vocabulaire, choisit l’abstention active : ne pas être là pour ne pas servir de caution démocratique à un processus qu’il conteste.

Le boycott du SDF ne changera pas le résultat du vote. Mais il envoie un signal clair : une partie significative du paysage politique camerounais refuse de valider cette réforme comme légitime. La suite dépendra de la nomination du vice-président — et de la réaction que ce choix provoquera dans le pays.



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