La polémique autour du polo obligatoire à l’École Normale Supérieure de Yaoundé vient de connaître un coup d’arrêt. Ce 1er avril 2026, le recteur de l’Université de Yaoundé 1, le Pr Rémy Magloire Etoua, a sommé la directrice de l’ENS, la Pr Patricia Bissa Enama, de suspendre immédiatement la vente de ce vêtement imposé aux étudiants. Une décision prise en urgence, face à une contestation qui prenait de l’ampleur.
Un polo à 5 000 FCFA que les étudiants refusaient
Depuis plusieurs semaines, la directrice de l’ENS de Yaoundé avait instauré un code vestimentaire controversé : tout élève-professeur et tout élève-conseiller d’orientation devait obligatoirement acheter un polo au prix de 5 000 francs CFA et le porter chaque mercredi.
Une mesure présentée comme un uniforme d’appartenance à l’école, mais vécue par les étudiants comme une obligation financière injustifiée. La grogne ne cessait de monter sur le campus, avec des voix qui commençaient à évoquer une mobilisation dans la rue.
C’est dans ce contexte que le recteur est intervenu. Selon les termes de sa sommation, il agit « en application des hautes instructions », ce qui laisse entendre que le dossier aurait remonté bien au-delà de l’université elle-même.
La directrice a réagi dans la soirée du 1er avril en signant un communiqué de suspension de l’opération. Un recul visible, sous pression hiérarchique.
Une directrice au cœur de la tourmente
Au-delà de la vente du polo, c’est l’image de la Pr Patricia Bissa Enama qui est écornée. Les étudiants de l’ENS de Yaoundé sont nombreux à décrire leur directrice comme « très méchante, très sévère et avide d’argent ». Des qualificatifs forts, qui traduisent un malaise profond dans l’établissement.
L’ENS de Yaoundé est l’une des grandes écoles qui forment les enseignants du secondaire au Cameroun. Elle accueille chaque année des centaines d’élèves-professeurs issus de toutes les régions du pays. Une telle tension dans cet établissement stratégique ne peut pas être ignorée longtemps.
Pour l’heure, la suspension est actée. Mais la question de fond reste posée : comment une directrice d’école publique a-t-elle pu imposer l’achat d’un article commercial à ses étudiants, sans que cela ne soit bloqué plus tôt ?



