Après la prise de parole très médiatisée de la mère de Divine Mbarga, le père biologique de la fillette assassinée à Nkoabang (Yaoundé) sort du silence. Le Capitaine Médecin Jacquinot Brice Atangana Mbengoa contredit point par point les accusations portées contre lui et apporte sa propre lecture des faits. Une version qui relance le débat sur les deux côtés de cette tragédie.
Ce que le père affirme et dément
Le Capitaine Atangana Mbengoa commence par démentir l’accusation la plus lourde : il n’aurait jamais demandé d’arrangement à l’amiable avec le présumé assassin de sa fille. Il affirme au contraire avoir personnellement contribué à l’interpellation du suspect, organisé le transport du corps jusqu’à la morgue, et prendre en charge les frais de morgue depuis le début.
Sur la question de la reconnaissance paternelle, il retourne l’argument : « Elle dit que j’ai refusé de reconnaître ma fille, mais comment est-ce que ma fille porte donc mon patronyme ? »
Il reconnaît la séparation avec la mère, mais l’explique par une « incompatibilité d’humeur », et affirme avoir tenté d’obtenir la garde définitive de Divine, atteinte de diabète chronique, sans succès. Selon lui, la mère s’y serait opposée et aurait utilisé l’enfant comme moyen de pression. « J’en avais assez du chantage et du harcèlement », dit-il.
Sur les accusations liées à ses études et à sa carrière militaire, il préfère ne pas entrer dans le détail, mais lance : « Demandez-vous seulement quel moyen avait-elle pour me faire entrer au CUS puis à l’EMIA. »
Deux versions, une seule victime
Cette nouvelle prise de parole divise l’opinion. Certains observateurs appellent à la prudence. Avant de condamner publiquement, disent-ils, il faut entendre les deux parties. Le danger des réseaux sociaux, c’est précisément de transformer un drame familial en tribunal populaire, souvent à sens unique.
Ce qui est certain : Divine, 11 ans, est morte violée et assassinée. C’est le seul fait incontestable. Derrière, deux parents meurtris dont les versions s’affrontent, avec des accusations graves de part et d’autre. La justice camerounaise devra démêler les responsabilités — y compris familiales — sans se laisser dicter sa conduite par la pression des réseaux.
Le père est formel sur un point : il veut la justice, pas la négociation. Et il souhaite que le coupable réponde de ses actes devant la loi.
L’affaire Divine Mbarga continue d’exposer des fractures profondes : celle d’une famille brisée, mais aussi celle d’une société prompte à juger sans écouter. Ce que les deux parents s’accordent à dire, c’est que le meurtrier doit payer. C’est sur ce point que la justice doit désormais avancer.



