Après 5 ans, 7 mois et 8 jours d’attente, le Conseil Supérieur de la Magistrature est officiellement convoqué ce mercredi 18 mars 2026 au Palais de l’Unité à Yaoundé. Depuis le 10 août 2020, les dossiers s’empilent, les postes restent vacants, les jeunes magistrats de l’ENAM piétinent. « Le paysage judiciaire camerounais va être totalement redessiné en une journée », soufflent déjà des initiés. Le grand ménage judiciaire tant attendu sera-t-il vraiment à la hauteur des espérances ?
Ce que le Conseil supérieur de la magistrature va changer concrètement dans nos tribunaux
Le dernier Conseil Supérieur de la Magistrature remonte au 10 août 2020. Depuis, le bilan est lourd : départs massifs à la retraite, décès de magistrats en poste, postes de présidents de tribunaux et de procureurs vacants dans plusieurs juridictions. Les nouvelles promotions de l’ENAM attendaient leur première affectation depuis des mois, parfois des années, sans visibilité sur leur avenir professionnel.
Ce mercredi, trois dossiers majeurs sont sur la table du Président de la République, Grand Maître du Conseil. D’abord, l’intégration des jeunes magistrats issus des dernières promotions de l’ENAM de Yaoundé — leur nombre exact n’a pas encore été officiellement communiqué, mais les couloirs parlent de plusieurs dizaines de nouveaux postes à pourvoir. Ensuite, le jeu des nominations stratégiques : qui héritera des présidences des cours d’appel et des parquets généraux dans les dix régions du pays ? Ces postes concentrent l’essentiel des enjeux de pouvoir au sein de l’appareil judiciaire camerounais.
Enfin — et c’est le volet le plus redouté — les affaires disciplinaires. Des magistrats épinglés pour lenteurs abusives, comportements contraires à la déontologie ou soupçons de corruption attendent leur sort. « La rigueur est annoncée », confie une source proche du ministère de la Justice. Les justiciables camerounais, eux, réclament surtout des actes concrets pour désengorger les prisons et accélérer le traitement des dossiers en souffrance.



