À Penka Michel, dans la région de l’Ouest, la gronde monte. Des habitants et contribuables de l’arrondissement posent publiquement des questions sur la gestion municipale : routes dégradées, écoles sans soutien, budget opaque. Une interpellation directe qui cible le maire en poste depuis 23 ans et relance le débat sur la décentralisation au Cameroun.
Des routes en ruine, des comptes silencieux
Le constat sur le terrain est sans appel. L’axe principal reliant l’hôpital à la sous-préfecture de Penka Michel — autrefois bitumé grâce à un effort privé — s’est complètement détérioré. Ce tronçon d’à peine un kilomètre en plein centre-ville est aujourd’hui impraticable. Pire : ce sont des vétérans qui cotisent de leur propre poche pour tenter de cimenter partiellement cette route. La mairie, elle, reste silencieuse.
Les questions posées sont précises : où vont les fonds communaux ? Quelles sont les dépenses annuelles en voirie, en personnel, en équipements durables ? Quels investissements ont été réalisés dans les écoles des 4 groupements de l’arrondissement ? Selon plusieurs habitants, aucune école du territoire n’aurait reçu le moindre banc ou tôle de la commune.
En dehors d’un complexe municipal récemment construit, aucun grand projet structurant ne semble avoir été livré depuis plus de deux décennies.
Une commune qui n’assume pas ses missions de base
La commune de Penka Michel a des obligations légales claires : entretien des voiries, gestion des écoles, délivrance des permis de construire, élaboration des documents d’urbanisme, dynamisation de l’économie locale. Sur chacun de ces points, les habitants réclament des comptes.
L’arrondissement dispose pourtant d’un potentiel réel. Il est souvent cité comme terre d’origine de plusieurs grandes fortunes camerounaises. Ce paradoxe — une élite locale visible, une commune invisible — alimente la frustration.
« Ce qui devrait être fait n’a jamais été fait », résume un contributeur local dans une interpellation publiée sur les réseaux sociaux. Il appelle directement les futurs candidats à la mairie à prendre cet héritage au sérieux.
L’accès à la sous-préfecture, à l’hôpital et à la mairie — trois services essentiels — passe par cette route dégradée. Pour beaucoup, c’est le symbole d’une gestion de proximité qui a failli.
La question posée à Penka Michel dépasse ce seul arrondissement. Elle touche à la réalité de la décentralisation au Cameroun : les communes ont les missions, ont-elles vraiment les moyens — et la volonté — de les assumer ? Les prochaines échéances électorales locales pourraient bien donner une réponse.



