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Kamto dénonce un coup d’État constitutionnel au Cameroun


Maurice Kamto, Président national du MRC, a pris la parole ce 3 avril 2026 depuis Yaoundé pour dénoncer ce qu’il appelle un coup d’État constitutionnel et institutionnel orchestré par le régime RDPC. Dans une déclaration longue et détaillée, le leader de l’opposition s’en prend directement au projet de révision constitutionnelle introduit le 2 avril 2026, qui prévoit la création d’un poste de Vice-Président nommé par le Chef de l’État — et non élu par le peuple.

Un projet de révision qui sonne comme une prise de pouvoir dynastique

Pour Kamto, la mécanique est claire : en créant un Vice-Président nommé, le Président en fonction prépare une transmission du pouvoir de gré à gré, sans passer par les urnes. Il rappelle le précédent historique de 1979, quand la révision constitutionnelle d’Ahmadou Ahidjo avait permis à son Premier Ministre de l’époque de devenir Président de la République sans élection. La logique est la même, dit-il — mais cette fois « c’est en pire », car le Vice-Président ainsi propulsé au pouvoir pourrait lui-même nommer son propre successeur.

Le MRC pointe également l’article 64 de la Constitution en vigueur, qui interdit toute révision portant atteinte aux principes démocratiques. Pour Kamto, ce projet viole donc la Constitution qu’il prétend modifier. « Ce n’est pas une régression, c’est un naufrage constitutionnel et politique », tranche-t-il.

Il enfonce le clou sur la légitimité globale des institutions : ni le Président de la République, ni les députés à l’Assemblée nationale dont les mandats ont été prorogés, ni les conseillers municipaux ou régionaux ne peuvent selon lui se prévaloir d’une assise populaire réelle. « Le roi est nu », dit-il simplement.

Une crise institutionnelle majeure, une riposte politique annoncée

Au-delà de la dénonciation, Kamto appelle à l’action. Il annonce le lancement d’une pétition en ligne pour permettre à tous les Camerounais, « sans considération de bord politique », de rejeter formellement ce qu’il qualifie de coup d’État institutionnel.

Il s’adresse directement aux parlementaires : « Vous ne pouvez pas voter une loi qui détruit les fondements constitutionnels de notre République. » Et il rappelle qu’une réforme d’une telle ampleur aurait dû, selon lui, passer par un référendum populaire.

Le leader du MRC dresse un bilan sombre : depuis 2018, il estime que le Président en fonction savait qu’il n’était plus en mesure de gouverner seul — preuve en est le décret du 5 février 2019 accordant une délégation permanente de signature au Secrétaire général de la Présidence. Ce mécanisme de transmission discrète du pouvoir passe aujourd’hui, selon lui, à une phase ouverte et institutionnalisée.

Il revendique néanmoins une avancée historique : « Nous avons défait électoralement le RDPC. » Pour lui, le fait que le régime évite les élections législatives et municipales — pourtant dues depuis 2025 — prouve que le RDPC « est sûr de sa défaite ».

Cette déclaration de Kamto marque un tournant dans la bataille politique autour de la révision constitutionnelle. Avec la pétition annoncée et la mobilisation de l’opposition, le bras de fer entre le MRC et le régime RDPC entre dans une nouvelle phase. La question qui se pose désormais : les Camerounais répondront-ils massivement à cet appel — et le Parlement aura-t-il le courage de résister à la pression du régime ?



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