Le ton est monté ce jeudi 16 octobre 2025 dans le paysage politique camerounais. Dans une réponse publique au président par intérim du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Guibai Gatama, promoteur du mouvement 10 millions de nordistes, a livré une réplique tranchante. En cause : les propos de Mamadou Mota, qui accusait le journaliste et militant du Nord de « travailler pour le régime RDPC » après son silence lors de la présidentielle du 12 octobre.
« Mon jeune frangin Mota, je suis là, et si tu veux savoir, je suis en contact avec mon vieil ami Tchiroma… », a répliqué Guibai, d’un ton sec, dans un message devenu viral sur les réseaux sociaux.
Une sortie qui relance le débat sur la représentation politique du Grand-Nord et l’avenir de la mobilisation post-électorale.
Grand-Nord : Guibai recadre le débat et dénonce « les faux combats »
Dans sa longue adresse, Guibai Gatama a tenu à remettre les pendules à l’heure. Pour lui, le réveil politique du Grand-Nord ne date pas de 2025, et encore moins de l’influence d’un parti en particulier.
« Il n’y a que des naïfs pour penser que l’éveil du Grand-Nord a commencé cette année », écrit-il.
Le fondateur du journal L’Œil du Sahel déplore que certains acteurs cherchent à « enterrer ceux qui œuvrent depuis longtemps pour le positionnement du Nord ». Il rappelle que sa collaboration avec Issa Tchiroma Bakary remonte à plus de deux décennies, bien avant son départ du gouvernement.
« Vous, vous découvrez Tchiroma depuis quelques mois. Vous n’aimez pas Tchiroma, vous voulez juste exister à travers lui », lance-t-il à Mota, dans une pique directe.
Pour Guibai, le vrai combat est ailleurs : il réside dans la reconstruction d’un leadership équilibré, fondé sur la lucidité et non la rancune. « Garde ta lucidité, tu en auras besoin », lui conseille-t-il, en soulignant que le MRC devrait se concentrer sur la défense du vote, pas sur des querelles de personnes.
Un appel à l’unité nationale : « Le Cameroun d’abord »
La réponse de Guibai Gatama dépasse la simple riposte personnelle. Elle s’inscrit dans une vision plus large de l’unité nationale, refusant le repli identitaire souvent reproché à certains discours politiques.
« On doit arrêter avec la rengaine du Grand-Nord qui est ceci ou cela. Les Camerounais de tout horizon ont soutenu Tchiroma », insiste-t-il.
Selon lui, l’élection de 2025 marque un tournant : la solidarité nationale a transcendé les clivages régionaux, et la victoire d’un candidat du Nord soutenu par le Sud illustre ce changement.
« Aucun candidat du Nord ne peut gagner sans le Sud, et inversement », ajoute-t-il, saluant ce qu’il appelle un « moment de maturité collective ».
Guibai Gatama conclut en appelant les acteurs politiques à sortir des schémas tribaux pour s’inscrire dans une dynamique nationale de cohésion et de justice sociale.
« Le peuple ne veut plus des divisions, il veut un Cameroun uni, juste et fort. »
Une réponse qui secoue les réseaux et divise l’opinion
Depuis la publication de cette lettre ouverte, les réactions se multiplient. Certains internautes saluent le courage de Guibai Gatama, estimant qu’il « dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ». D’autres, au contraire, y voient une manœuvre pour se repositionner politiquement à la suite de la débâcle électorale.
Dans le Grand-Nord, des voix appellent à l’apaisement :
« Les tensions entre leaders ne doivent pas faire oublier l’essentiel : le développement de nos régions », commente un enseignant de Garoua.
Alors que les débats s’enflamment sur les réseaux sociaux, le message de Guibai Gatama sonne comme une leçon politique et morale : il rappelle que la reconstruction nationale passe par le dépassement des égos et la fidélité aux idéaux d’unité qui ont toujours animé le Cameroun profond.



