Depuis l’ouverture du 6e Congrès du Parlement le 2 avril 2026 à Yaoundé et l’examen du projet de loi créant un poste de vice-président de la République, une question circule avec insistance dans les cercles politiques et sur les réseaux sociaux camerounais : Paul Biya nommera-t-il son fils Franck Biya à ce poste stratégique ? Le débat est lancé, et les arguments ne manquent pas.
Franck Biya, un profil de plus en plus visible
Né en 1977, Franck Biya est le fils de Paul Biya. Longtemps resté discret, il s’est progressivement imposé dans le paysage public camerounais. Homme d’affaires actif, il est notamment connu pour ses activités dans le secteur privé et sa présence régulière lors d’événements officiels aux côtés de son père.
Ces dernières années, sa visibilité politique a sensiblement augmenté. Il a été aperçu lors de plusieurs rencontres au sommet, y compris à l’international. Certains médias l’ont présenté comme un dauphin potentiel, sans que cela soit jamais officialisé. Mais la création d’un poste de vice-président change la donne : pour la première fois, il existe désormais un cadre constitutionnel clair pour organiser une succession choisie.
Une logique politique qui fait débat
Le nouveau texte constitutionnel prévoit que le vice-président est nommé par le Président de la République, sans élection au suffrage universel. En cas de vacance du pouvoir, il achève le mandat en cours et peut ensuite se présenter à une présidentielle.
Ce mécanisme, s’il était utilisé pour nommer Franck Biya, permettrait une transmission du pouvoir en douceur, encadrée par la Constitution. Une hypothèse que beaucoup d’analystes jugent crédible, même si elle reste pour l’instant du domaine de la spéculation.
Du côté de l’opposition, cette perspective inquiète. Plusieurs voix estiment que la réforme constitutionnelle a précisément été conçue pour ouvrir cette voie. D’autres, comme la députée Nourane Foster, préfèrent attendre les actes concrets avant de tirer des conclusions.
Paul Biya, 92 ans, réélu en octobre 2025, n’a donné aucune indication publique sur l’identité du futur vice-président. Mais chaque signal compte, et le nom de Franck Biya revient systématiquement dans les analyses.
La question reste ouverte. Le vote du Congrès attendu dans les prochains jours donnera force de loi à ce nouveau poste. Après, tout dépendra d’un seul homme : Paul Biya. Et d’un seul acte : la nomination.



