(Investir au Cameroun) – Face aux risques de pénurie et à la flambée des prix observés ces dernières semaines, l’Interprofession porcine du Cameroun (Interporcam) se veut rassurante. Réuni le 13 novembre 2025 à Kribi, dans la région du Sud, le bureau exécutif de l’organisation a garanti « qu’il n’y aura ni pénurie, ni augmentation des prix du porc au Cameroun », selon sa présidente, Yvette Fouda, interrogée sur les antennes de la CRTV.
Une annonce sans chiffres, mais jugée suffisante pour les fêtes
Si la présidente d’Interporcam n’a pas communiqué les volumes disponibles, elle assure que les stocks actuels permettent de couvrir la demande nationale, notamment à l’approche des fêtes de fin d’année, période de consommation soutenue. Cette déclaration intervient après les tensions post-électorales du mois d’octobre, qui avaient entraîné une rupture de la chaîne d’approvisionnement et une hausse brutale des prix.
À Douala, le kilogramme de porc avait grimpé de 1 000 FCFA, passant de 3 500 à 4 500 FCFA. Une légère baisse de 500 FCFA est observée depuis quelques jours, à mesure que les activités commerciales reprennent. Le niveau des prix demeure néanmoins supérieur à la normale, les vendeurs invoquant une pénurie liée à deux semaines d’interruption des flux en provenance des bassins de production.
Un marché en forte expansion
La consommation de viande porcine connaît une croissance soutenue au Cameroun, portée notamment par la multiplication des rôtisseries spécialisées dans les grandes villes. Selon une étude du cabinet londonien Trends & Poor, la filière a pesé 231 milliards de FCFA en 2024, soit 77 000 tonnes, contre 43 890 tonnes en 2023, d’après les chiffres du ministère de l’Élevage. Cette progression équivaut à une hausse spectaculaire de 57 % en un an.
Le cabinet prévoit une croissance annuelle avoisinant 9 %, ce qui devrait permettre au marché de plus que doubler pour atteindre près de 490 milliards de FCFA d’ici 2030. Une dynamique qui, malgré les perturbations récentes, confirme la vitalité d’un secteur de plus en plus intégré dans les habitudes alimentaires urbaines.
La communication d’Interporcam vise à stabiliser un marché déjà sous tension dans un contexte sociopolitique fragile. Le défi, désormais, consiste à sécuriser durablement les chaînes logistiques afin d’éviter de nouvelles ruptures, alors que la demande continue de croître et que la filière porcine se positionne comme l’un des segments les plus dynamiques de l’agroalimentaire camerounais.
Frédéric Nonos
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