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Énergie électrique : Eneo annonce jusqu’à 10 heures de délestage dans plusieurs villes du septentrion


(Investir au Cameroun) – A partir du 20 janvier, plusieurs villes des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord doivent subir des coupures d’électricité de plusieurs heures, selon le planning de rationnement rendu public par Eneo Cameroun. Dans l’Adamaoua, des quartiers de Ngaoundéré seront privés d’électricité de 8 h à 18 h. Dans d’autres villes de la région, les coupures sont programmées de minuit à 7 h, ou de 18 h à minuit.

Le même schéma est annoncé dans la région du Nord. À Garoua, principale agglomération, l’électricité doit être interrompue le 20 janvier de 8 h à 18 h. Le rationnement se poursuit dans d’autres localités, dont Tcholliré, Figuil, Guider, Dembo et Mayo Oulo.

Dans l’Extrême-Nord, Eneo prévoit également des heures de délestage à Maroua, Bogo, Maga, Kaélé, Yagoua, Kousséri et Mora. Le planning couvre ainsi l’ensemble des villes de la région, à l’exception notable de Mokolo.

Saison sèche et production en baisse : Lagdo sous pression

Eneo rattache ce rationnement à des contraintes de production et de réseau. Dans une communication datée du 16 janvier, l’énergéticien indique que « suite au retour de la saison sèche, le système électrique national fait face à de fortes contraintes affectant la continuité de la fourniture d’électricité dans plusieurs localités du Réseau interconnecté Sud et du Réseau interconnecté Nord ». Les trois régions septentrionales concernées dépendent du Réseau interconnecté Nord, dont la principale installation est le barrage hydroélectrique de Lagdo, sur le fleuve Bénoué.

Selon Eneo, « la pluviométrie observée en 2025 sur le bassin versant de la Bénoué alimentant Lagdo n’a pas permis un remplissage optimal ». Résultat : une baisse de la production de la centrale, « aggravée par un étiage sévère sur le bassin versant de Lagdo ».

Réseaux saturés et centrales thermiques limitées

À ces contraintes hydrologiques, l’opérateur ajoute des facteurs structurels : la saturation de certains ouvrages du réseau de transport et la vulnérabilité de certains tronçons du réseau de distribution. Eneo dit ainsi avoir été contraint de « procéder à des rationnements sur l’ensemble du Réseau interconnecté Nord ».

Pour compenser la variabilité de l’hydroélectricité, le Réseau interconnecté Nord dispose de six centrales thermiques d’appoint. Mais Eneo souligne leurs limites : une capacité totale de 72 MW, et une forte dépendance au carburant. L’énergéticien met en avant des « difficultés financières affectant les approvisionnements en carburant », ce qui réduit la marge de manœuvre en période de tension.

Eneo relève enfin que ces difficultés ne se limitent pas au Nord. Dans le grand Sud, les inquiétudes portent également sur l’étiage, notamment sur le bassin de la Sanaga — où se trouvent trois barrages hydroélectriques — et celui du Ntem, sur lequel est construite la centrale de Memve’ele.

Ludovic Amara





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