View Kamer

Électricité : la facture des producteurs indépendants grimpe à 156,133 milliards de FCFA en 2024 (+17 %)


(Investir au Cameroun) – Les achats d’énergie du Cameroun auprès des producteurs indépendants (IPP) ont nettement progressé en 2024 pour atteindre 156,133 milliards de FCFA, selon des données sectorielles rendues publiques par l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel). Cette hausse de 17 % par rapport à 2023 renforce le poids des achats d’énergie dans l’équation économique du secteur, au moment où le mix de production évolue.

L’augmentation de la facture s’explique moins par une progression des volumes consommés que par l’intégration de nouveaux coûts dans la structure tarifaire. Les charges de transport facturées par DPDC, KPDC et NHPC, ainsi que les droits d’eau dus à NHPC, sont désormais comptabilisés comme achats d’énergie. Ce changement de périmètre pèse directement sur le niveau affiché de la dépense, et complique la lecture « à volumes constants » d’une année sur l’autre.

La demande en énergie poursuit sa progression

Sur le plan opérationnel, 7 933 002 MWh ont été injectés dans le réseau de distribution en 2024, contre 7 558 058 MWh un an plus tôt, soit une croissance de 5 %. La tendance confirme une demande électrique nationale orientée à la hausse, portée par l’augmentation du parc industriel — un facteur qui accroît mécaniquement les besoins de sécurisation de l’approvisionnement.

L’année 2024 a également été marquée par la mise en service partielle du barrage hydroélectrique de Nachtigal. La centrale a fourni 10 % des énergies injectées dans le système sur la période, s’imposant comme un acteur majeur dès sa première année d’exploitation. Son arrivée modifie la structure de l’offre, en augmentant la part d’une production hydroélectrique présentée comme moins coûteuse.

Cette entrée en scène de Nachtigal — l’un des plus importants projets hydroélectriques du pays — a redistribué les contributions entre producteurs. Les apports de certains IPP, notamment KPDC et EDC, reculent par rapport à 2023 : KPDC passe de 15 % à 12 %, tandis qu’EDC recule de 14 % à 9 %. En théorie, la montée de l’hydroélectricité réduit le recours aux centrales thermiques ; dans les faits, la transition dépend du rythme effectif de montée en charge des nouvelles capacités.

Cette dynamique n’a toutefois pas empêché une forte hausse des coûts de combustibles. Ceux-ci atteignent 64,507 milliards de FCFA en 2024, contre 41,648 milliards de FCFA un an plus tôt. Le retard enregistré dans la mise en service complète des installations de Nachtigal a obligé le système à recourir davantage aux centrales thermiques pour sécuriser l’approvisionnement du Réseau Interconnecté Sud, illustrant la sensibilité des coûts aux aléas de calendrier industriel.

Amina Malloum

Lire aussi :

15-05-2025 – Électricité : Eneo peine à mobiliser 54 milliards de FCFA pour poursuivre la réhabilitation du barrage de Songloulou (384 MW)





Source link

View Kamer

FREE
VIEW