Une scène tendue au sommet de l’État tchadien. Le mercredi matin, dans les couloirs du Palais présidentiel de N’Djamena, le président Mahamat Idriss Déby aurait giflé le général Daoud Ali Bouyeno lors d’une discussion qui a rapidement dégénéré. Les faits, rapportés par plusieurs sources proches de la présidence, révèlent une fracture inquiétante au sein de l’appareil militaire.
Ce qui s’est passé ce matin-là
Il est 10h28 quand le général Daoud Ali Bouyeno se retrouve face au président pour évoquer une attaque de drone signalée à la frontière soudanaise, dans la zone de Tiné. Le général affirme alors que le drone impliqué appartient en réalité à l’armée tchadienne elle-même.
La révélation fait l’effet d’une bombe. Le président Mahamat Idriss Déby réagit violemment, interpellant le général en langue Zaghawa : « Hey Daoud, tu m’attaques personnellement ? Tu penses que c’est moi le responsable ? »
Le général, visiblement déterminé à ne pas se laisser humilier, répond avec fermeté : « Monsieur le président, je suis plus âgé que vous. Je sais que vous êtes le chef, mais le respect doit être mutuel. »
C’est à cet instant que la situation bascule. Selon les informations rapportées, Déby aurait giflé le général, avant de lancer des menaces à peine voilées : « J’ai vos cercueils en main. Celui qui menace mon pouvoir ne restera plus dans ce monde. »
Il aurait conclu en citant nommément plusieurs généraux qui lui sont fidèles — Ismaël Souleymane Lony, Brahim Gorou, Mht Chaïbo et Ousmane Dicki — comme pour rappeler clairement qui détient les rênes.
Un signal inquiétant pour la stabilité du régime
Cet incident, s’il se confirme, dépasse le simple éclat de colère. Il traduit des tensions profondes au sein de l’armée tchadienne, dans un pays où les équilibres militaires sont toujours fragiles.
Le Tchad traverse depuis plusieurs mois une période sensible. La transition politique, la pression des groupes armés aux frontières et les rivalités internes entre clans militaires font de N’Djamena un terrain sous haute tension. Qu’un chef d’État s’en prenne physiquement à un général de haut rang — et de surcroît plus âgé — constitue un signal fort, et potentiellement dangereux.
La communauté des Orara, visiblement ciblée par les propos du président, pourrait mal percevoir cet épisode.
La présidence tchadienne n’a pour l’instant publié aucun démenti officiel. Mais dans les cercles militaires de N’Djamena, cette matinée du Palais fait déjà l’effet d’une onde de choc.



