(Investir au Cameroun) – Du 23 au 24 septembre 2025 à Douala, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac), qui regroupe dix pays dont le Cameroun, a validé un avant-projet de politique régionale inclusive pour développer le commerce électronique en Afrique centrale. Pour concevoir ce cadre, elle bénéficie de l’appui de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), à travers le Centre africain des politiques commerciales, chargé de l’élaboration d’un dispositif légal et réglementaire harmonisé.
L’atelier de Douala a réuni opérateurs de télécoms, régulateurs nationaux, plateformes de e-commerce et fournisseurs de services, dans l’optique de bâtir un écosystème numérique intégré. Le commerce électronique est désormais un moteur mondial : en 2019, les ventes en ligne ont atteint 26 700 milliards de dollars, en hausse de 4 % par rapport à 2018. En Afrique, la pandémie de COVID-19 a accéléré la tendance, avec une progression des ventes en ligne de 31 % à 43 %.
Dans la zone Ceeac, la transition numérique connaît un bond important. Selon Jacob Kotcho Bongkwaha, directeur du marché commun de l’organisation, « le taux de pénétration des abonnés mobiles est passé de 18 % à 42 % entre le début de la dernière décennie et 2019, et il devrait atteindre 46 % d’ici 2025 ». Le nombre d’utilisateurs d’Internet mobile est quant à lui estimé à 52 millions en 2020, avec une prévision de 86 millions en 2025, soit 36 % de la population. Cette croissance offre un fort potentiel pour le développement d’un commerce électronique inclusif et durable.
Néanmoins, la région doit surmonter des défis majeurs : faiblesse des infrastructures numériques, accès inégal à Internet, disparités réglementaires et capacités institutionnelles limitées. Ces contraintes freinent l’adoption à grande échelle du e-commerce et limitent son rôle de levier économique et social.
Une stratégie régionale alignée sur l’Agenda 2063
Pour lever ces obstacles, la Ceeac veut instaurer une politique régionale cohérente et inclusive, articulée autour d’instruments internationaux, régionaux et nationaux. Elle s’appuie notamment sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA), qui intègre le Protocole sur le commerce numérique de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), ainsi que sur la Stratégie de transformation numérique de l’UA (2020-2030).
Parallèlement, les stratégies adoptées par la Ceeac et ses États membres devront favoriser l’harmonisation des politiques numériques, l’amélioration de la connectivité et l’inclusion des PME, des femmes, des jeunes et des populations rurales dans l’économie digitale. Objectif : dynamiser les échanges transfrontaliers et accroître la compétitivité internationale des économies régionales.
La Ceeac s’est également engagée dans la mise en œuvre du Protocole de la Zlecaf sur le commerce numérique. Ses priorités concernent le renforcement des autorités de régulation, l’harmonisation des normes, et le développement des infrastructures de connectivité intra-régionale. Une attention particulière est accordée à la promotion d’industries numériques locales, notamment par la fabrication régionale d’appareils électroniques et l’intégration dans les chaînes de valeur technologiques.
Ces initiatives visent à stimuler la création d’emplois dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) et à générer des opportunités économiques durables pour les populations. En accélérant la transformation numérique, la Ceeac espère ainsi poser les bases d’une croissance inclusive et renforcer l’intégration économique des États membres.
Frédéric Nonos
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