La Fecafoot a tranché. Ce lundi 23 mars 2026, la commission d’homologation et de discipline a rendu son verdict sur l’incident qui avait interrompu la Super Coupe du Cameroun : Panthère du Ndé est déclarée vainqueur sur tapis vert, et Colombe du Sud écope d’une série de sanctions qui pourraient fragiliser durablement le champion du Cameroun 2025. Une décision sévère, mais attendue après l’abandon spectaculaire du terrain par les joueurs de Colombe il y a deux mois au stade militaire de Yaoundé.
Ce qui s’est passé ce soir-là au stade militaire
Pour comprendre la décision de ce lundi, il faut revenir aux faits. La Super Coupe du Cameroun 2025 opposait deux clubs aux palmarès complémentaires : Colombe du Sud, sacré champion du Cameroun en 2025, face à Panthère du Ndé, vainqueur de la Coupe du Cameroun la même année. Un choc au sommet du football camerounais, joué au stade militaire de Yaoundé.
Le match bascule lorsque l’arbitre accorde un penalty à Panthère du Ndé. La décision provoque une vive contestation du côté de Colombe. Estimant que la décision était injuste, les joueurs de Colombe quittent le terrain — et n’y reviennent pas. Le match est interrompu, la Super Coupe reste en suspens, et le dossier atterrit entre les mains de la commission de discipline de la Fecafoot.
Ce type d’abandon de terrain est rarissime dans le football camerounais de haut niveau. Il constituait automatiquement une faute grave au regard des règlements en vigueur, quelle que soit la légitimité ou non de la contestation arbitrale.
Le verdict : sanctions individuelles et collectives
Deux mois après les faits, la commission a statué avec fermeté. Le bilan est lourd pour Colombe du Sud :
- Victoire sur tapis vert accordée à Panthère du Ndé
- Amende de 30 millions de FCFA infligée au club
- Exclusion de la prochaine édition de la Coupe du Cameroun
- Suspension d’un an pour le PCA du club, Alain Mathieu Edjiane Doko
- Suspension de six mois et amende de 5 millions de FCFA pour l’entraîneur Richard Towa
- Suspension de deux matchs chacun pour les 11 joueurs présents sur le terrain au moment de l’incident
C’est un verdict à 360 degrés : le club est frappé dans ses finances, dans sa compétition de coupe, dans son staff technique et dans son effectif. Rarement une seule décision disciplinaire n’avait touché autant de niveaux simultanément dans le football camerounais.
Conséquences concrètes pour Colombe du Sud
Au-delà des chiffres, cette décision a des implications immédiates sur la saison en cours. L’exclusion de la prochaine Coupe du Cameroun prive le club d’une compétition nationale majeure — une punition d’autant plus symbolique que Colombe était déjà en position de vouloir conquérir ce trophée qui lui avait échappé en 2025.
La suspension de l’entraîneur Richard Towa pendant six mois pose également une question de stabilité technique. Gérer une équipe en championnat sans son coach principal, c’est un défi organisationnel que peu de clubs sont préparés à relever en cours de saison.
Sur le plan financier, 35 millions de FCFA d’amendes cumulées (30 millions pour le club, 5 millions pour l’entraîneur) représentent une charge non négligeable pour une structure de football camerounais, où les budgets restent souvent sous tension.
Quant aux 11 joueurs suspendus deux matchs chacun, leur indisponibilité simultanée — si elle devait coïncider avec des rencontres de championnat — pourrait peser sur les performances sportives du club dans les semaines à venir.
La voie de l’appel reste ouverte
La Fecafoot a précisé que Colombe du Sud a la possibilité de faire appel de l’ensemble de ces décisions. C’est une procédure normale dans le droit sportif camerounais, et le club devrait logiquement l’activer — ne serait-ce que pour tenter d’obtenir une réduction de certaines sanctions, notamment l’exclusion de la Coupe du Cameroun ou la suspension du PCA.
La question est de savoir si cet appel aura des chances réelles d’aboutir à un allègement. Les jurisprudences en matière d’abandon de terrain dans le football africain sont généralement défavorables aux clubs fautifs, quelle que soit la motivation invoquée. Contester un penalty, aussi discutable soit-il, ne justifie pas réglementairement de quitter le terrain.
Du côté de Panthère du Ndé, la décision est vécue comme une confirmation tardive mais juste d’une victoire qui leur revenait de droit. Le club du Ndé décroche ainsi la Super Coupe 2025 sans avoir à rejouer — une consécration qui aurait mérité d’être célébrée sur le terrain, mais que les circonstances ont rendu impossible.
Cette affaire laisse un goût amer dans le football camerounais. Colombe du Sud, club respecté et champion en titre, sort de cette séquence avec une image écornée et un palmarès alourdi de sanctions. La leçon est claire : dans le sport comme ailleurs, quitter le terrain ne résout jamais un désaccord — et le règlement, lui, ne pardonne pas.



