À la veille d’un match décisif, une phrase a fait tilt dans le vestiaire. « Il n’y a pas une star au-dessus de notre drapeau ». Prononcée par Olivier Kemen à l’approche de Cameroun–Mozambique, cette sortie, nette et assumée, a aussitôt résonné comme un rappel à l’ordre. Dans un contexte où les débats sur les statuts individuels n’ont jamais cessé, le collectif des Lions Indomptables est remis au centre. À Agadir, ce mercredi à 20h, le terrain dira si cette ligne tient. Le collectif Lions Indomptables CAN 2025 peut-il enfin prendre le dessus sur les ego ?
Collectif Lions Indomptables CAN 2025 : la ligne rouge fixée
La déclaration d’Olivier Kemen n’est pas tombée par hasard. Depuis le début de la compétition, le staff martèle un mot d’ordre simple : le groupe avant tout. « Le coach n’a qu’un seul mot d’ordre : le collectif », insiste le milieu. Un message qui vise à aligner tout le monde, sans exception, sur un projet commun, loin des projecteurs individuels.
Dans un football africain souvent rattrapé par les débats d’ego, le Cameroun veut afficher une autre image. Le vestiaire, selon Kemen, s’est rangé derrière un discours fédérateur : « On essaie de construire quelque chose de bon, de positif, ensemble. Tout le monde s’aligne ». À Yaoundé, des observateurs saluent ce ton apaisé, tout en notant qu’il tranche avec les turbulences passées.
Un message qui résonne dans un contexte sensible
Sans jamais citer de nom, la sortie de Kemen a été lue comme un rappel indirect à ceux dont l’aura dépasse parfois le rectangle vert. Ce n’est pas du jeu, disent certains supporters, de voir les discussions tourner autour des statuts plutôt que du plan de jeu. Le sélectionneur, lui, avance avec méthode : progression, fondations solides, stabilité. « Nous voulons construire quelque chose de stable », répète le joueur, comme pour clore le débat.
Sur le terrain, la traduction est attendue dès ce mercredi au stade Adrar d’Agadir. Objectif affiché : gagner et terminer en tête du groupe. L’enjeu est sportif, mais aussi symbolique : prouver que la cohésion peut faire la différence quand la pression monte.
À Douala, l’opinion oscille entre prudence et espoir. Beaucoup veulent voir si le discours s’accompagne d’actes, notamment dans les moments chauds. « Qu’on reste dans notre coin et qu’on travaille tranquillement », glisse Kemen. Une phrase simple, presque banale, mais lourde de sens.



