L’émission Couleurs Tropicales a diffusé son dernier programme le jeudi 26 mars 2026 sur RFI. Derrière l’adieu émouvant publié sur Facebook, la réalité est tout autre : Claudy Siar a été chassé de la radio. RFI voulait se séparer de lui en raison du mauvais rendement de l’émission depuis un certain temps.
RFI écarte Claudy Siar, la fin d’une longue histoire
Claudy Siar n’a pas décidé de partir. C’est RFI qui a mis fin à l’aventure. Les audiences de Couleurs Tropicales ne répondaient plus aux attentes de la direction depuis un moment, et la radio internationale française a choisi de se séparer de l’animateur et de son émission.
Lancée le 13 mars 1995, Couleurs Tropicales avait tenu l’antenne pendant 31 ans. C’était une référence mondiale pour les musiques africaines, noires et caribéennes. L’émission avait révélé des centaines d’artistes et créé un lien fort entre l’Afrique, ses diasporas et le reste du monde.
Le communiqué publié sur la page Facebook officielle de l’émission parle d’adieu émouvant et d’aventure qui continue. Mais il ne dit pas la vérité complète. La dernière diffusion était d’ailleurs une rediffusion — même pour ses adieux, l’émission n’a pas eu droit à un direct.
Une page qui se tourne dans la douleur
Pour des millions d’auditeurs en Afrique, aux Antilles et dans les diasporas, Couleurs Tropicales était bien plus qu’un programme radio. C’était un rendez-vous culturel hebdomadaire, une mémoire musicale vivante. Le communiqué remercie « la génération consciente » d’avoir fait vivre ce « cœur collectif » pendant trois décennies.
RFI promet de nouveaux projets pour continuer à promouvoir les cultures africaines et du monde. Mais aucun détail concret n’a été communiqué sur ce qui remplacera cet espace unique.
La question reste entière : peut-on vraiment remplacer 31 ans d’une émission aussi identitaire ? Pour beaucoup d’auditeurs africains, la réponse n’est pas évidente.
Claudy Siar quitte RFI non pas par choix, mais parce qu’on lui a montré la sortie. Une fin brutale pour une émission qui a marqué des générations. Ce qui suivra dépendra de la volonté réelle de RFI d’honorer cet héritage culturel.



