(Investir au Cameroun) – L’année 2023 a été marquée par un net ralentissement des investissements dans la production pétrolière et gazière au Cameroun. Selon les données officielles du secteur contenues dans le rapport annuel de la SNH, les dépenses d’investissement se sont établies à 169,5 milliards de FCFA (301,21 millions de dollars ; USD), contre 240 milliards de FCFA (427,07 millions de dollars ; USD) un an plus tôt, soit une baisse de 29,47 %.
Ce repli s’explique essentiellement par la contraction des investissements dans deux grandes associations. Dans Iroko, les dépenses ont diminué de 32,8 milliards de FCFA (58,57 millions de dollars ; USD). Dans Sanaga, la baisse atteint 38,7 milliards de FCFA (69,05 millions de dollars ; USD).
La baisse des investissements a eu un effet immédiat sur les coûts unitaires techniques. Pour les champs à huile en production, le coût de production annuel moyen est revenu à 26,15 dollars le baril, après avoir atteint 31,55 dollars en 2022 — une réduction attribuée à la diminution des programmes d’investissement.
Dans le secteur gazier, le mouvement est encore plus marqué : le coût technique unitaire de production de l’Association Sanaga Sud a chuté à 3,46 dollars par baril équivalent pétrole, soit plus de deux fois moins que 7,49 dollars observés un an plus tôt.
En revanche, les coûts d’exploitation ont suivi une trajectoire opposée. Pour les champs d’hydrocarbures liquides, le coût unitaire d’exploitation s’est établi à 10,78 dollars le baril, en légère hausse par rapport aux 10,43 dollars en 2022. « Cette hausse est due à une augmentation des coûts d’exploitation, associée à une légère baisse de la production annuelle », indique le rapport annuel.
Dans le secteur gazier, l’Association Sanaga Sud a aussi vu ses coûts d’exploitation grimper, atteignant 1,82 dollar par baril équivalent pétrole, contre 1,28 dollar un an plus tôt.
Ces évolutions dessinent une année contrastée pour le secteur des hydrocarbures camerounais : la maturité des champs et le renchérissement des opérations ont entraîné une hausse du coût d’exploitation, traduisant des défis croissants pour maintenir la rentabilité des gisements existants.
Amina Malloum



