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Cameroun – Douala sous tension ► villes mortes et avertissement


Climat tendu ce lundi matin à Douala. Tandis qu’une partie des quartiers commerçants restaient fermés, le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a parcouru la ville pour s’assurer du retour à la normale.
Entre marchés ouverts à moitié et écoles sous haute surveillance, la capitale économique vivait sa première journée après l’appel à trois jours de “villes mortes” lancé par Issa Tchiroma Bakary, arrivé deuxième à la présidentielle du 12 octobre 2025.
« Le travail doit continuer, la paix n’est pas négociable », a martelé le gouverneur, appelant au calme.
Mais la question reste brûlante : Douala peut-elle réellement rester à l’écart de la contestation nationale ?

Une tournée de terrain pour calmer les esprits

Très tôt dans la matinée, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua a pris la tête d’une délégation composée des responsables administratifs et sécuritaires du Littoral. Objectif : évaluer la présence effective des fonctionnaires et vérifier la reprise des activités dans les secteurs public et privé.

Selon Cameroon Tribune, le gouverneur a inspecté plusieurs points stratégiques : la délégation régionale de la Santé publique, celle des Enseignements secondaires, ainsi que des établissements scolaires comme le lycée technique de Bonandoumbè, le lycée Mongo Joseph et le collège Sacré-Cœur de New-Bell.
« Les enseignants étaient à leurs postes, les cours se déroulaient normalement », a-t-il affirmé à la presse, rassurant sur la stabilité sécuritaire de la région malgré les rumeurs persistantes.

Douala entre reprise économique et peur silencieuse

Dans les artères principales, la situation restait contrastée. Si le marché central affichait une affluence quasi normale, Mboppi, Bessengue, Bonamoussadi et Vallée Parcours Vita ressemblaient à des zones figées dans la peur.
« Beaucoup craignent les représailles », confie un commerçant de Mboppi. « On veut travailler, mais personne ne sait de quel côté ça peut tourner. »

La police, présente en nombre, veille à dissuader tout attroupement suspect. « Ce n’est pas du jeu », lâche un conducteur de moto-taxi. « On nous dit de circuler, mais on voit bien que la tension est là. »

À Sandaga et Bonamoussadi vivres, la vie reprenait timidement. Les femmes bayam-sellam tentaient de vendre leurs produits, pendant que des jeunes discutaient, méfiants, de la “victoire volée” évoquée par Issa Tchiroma.

Tchiroma dénonce une “victoire volée”, le gouvernement riposte

Dans une sortie très commentée, le président du FSNC (Front pour le Salut National du Cameroun), Issa Tchiroma Bakary, a appelé les Camerounais à observer trois jours de villes mortes pour protester contre la réélection de Paul Biya, déclaré vainqueur avec 53,66 % des voix.
« Ce scrutin a été entaché de fraudes massives », a-t-il lancé, accusant le régime d’avoir “étouffé la vérité des urnes”.

Mais le gouvernement n’a pas tardé à réagir. Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a dénoncé “un appel irresponsable à l’insurrection”, prévenant que “la paix et la stabilité du Cameroun ne sont pas négociables”.
Il a également évoqué des violences et des incendies dans plusieurs villes, affirmant que « ces actes sont constitutifs d’insurrection et seront sévèrement punis par la loi ».

👉 Lire aussi : Cameroun – Alerte : Issa Tchiroma défie l’État, “ville morte” maintenue

Un équilibre fragile entre autorité et désespoir populaire

Dans les rues de Douala V, plusieurs jeunes rencontrés disent “ne plus croire à la politique”, mais avouent comprendre “la colère de ceux qui se sentent oubliés”.
Pour un enseignant du lycée de Deïdo, « la peur n’est pas une solution durable. Le dialogue, oui. Mais encore faut-il qu’il soit sincère. »

Le gouverneur, lui, maintient la ligne dure : tolérance zéro pour les fauteurs de trouble.
Selon nos informations, plusieurs interpellations ont déjà eu lieu, notamment à Bonabéri et Ndokoti.
Malgré cela, la situation restait sous contrôle en fin de journée, grâce à une forte mobilisation des forces de sécurité.

Alors que les “villes mortes” se heurtent à la fermeté des autorités, Douala devient un baromètre de la tension nationale.
Le mot d’ordre d’Issa Tchiroma n’a pas paralysé la capitale économique, mais il a révélé un malaise profond : celui d’un pays où la contestation gronde, même sous silence.
Le Cameroun réussira-t-il à conjuguer paix, justice et confiance populaire dans les jours à venir ?



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