(Investir au Cameroun) – Le prix du kilogramme de fèves de cacao s’établissait entre 1 200 et 1 300 FCFA dans les bassins de production du Cameroun au 24 mars 2026, selon les pointages du Système d’information des filières (SIF) piloté par l’Office national du cacao et du café (ONCC). À ce niveau, le cacao retrouve le même seuil de prix que le café robusta, une situation inédite depuis le 3 mars 2026.
Ce jour-là, les cours du robusta avaient franchi un cap inédit sur le marché camerounais en dépassant ceux du cacao, une première observée dans le pays depuis de nombreuses années. Le 18 février 2026, les deux produits avaient déjà atteint le même niveau de prix pour la première fois depuis longtemps.
Depuis, l’écart s’était creusé en faveur du robusta, marquant une rupture dans la hiérarchie habituelle des prix agricoles. Historiquement, le cacao surclassait de manière quasi systématique le café robusta, variété la plus répandue au Cameroun.
Un retournement qui confirme la faiblesse du cacao
Le renversement observé ces dernières semaines entre les filières cacao et café reflète avant tout la mauvaise passe traversée par le cacao depuis l’ouverture de la campagne 2025-2026. Après un pic de 6 000 FCFA/kg lors de la saison 2023-2024, puis un maximum de 5 400 FCFA/kg la campagne suivante, le kilogramme de fèves se négocie désormais entre 1 200 et 1 300 FCFA, après 1 050 à 1 150 FCFA il y a un mois, selon le SIF.
En dépit de ce redressement récent, les prix restent nettement inférieurs aux niveaux anticipés par les pouvoirs publics. En début de campagne, le gouvernement tablait en effet sur une fourchette comprise entre 3 200 et 5 400 FCFA/kg.
L’écart entre les prix réellement observés et les projections officielles s’explique, selon plusieurs analystes des marchés des matières premières, par une conjoncture internationale moins favorable qu’attendu pour les producteurs.
Une pression mondiale durable sur les cours
La production mondiale de cacao devrait ressortir en excédent sur la campagne 2025-2026, dans le prolongement du redressement amorcé en 2024-2025, après trois campagnes déficitaires.
Selon les analystes, cet excédent attendu devrait continuer à peser sur les prix des fèves tout au long de la campagne, aussi bien sur le marché international que dans les pays producteurs, dont le Cameroun. Dans ce contexte, le retour du cacao au niveau du robusta traduit moins un rebond solide qu’une faiblesse persistante de la filière.
BRM



