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Budget 2025 Cameroun ► hausse choc


Chiffre choc : le budget du Cameroun pour 2025 bondit finalement à 7 735,9 milliards Fcfa, soit une hausse inattendue de 418,2 milliards Fcfa par rapport aux prévisions initiales. Une révision d’urgence examinée à l’Assemblée nationale après l’effondrement des recettes pétrolières et les tensions inflationnistes qui secouent le pays.
À Yaoundé, un haut cadre du Minfi souffle : « On a dû revoir toute la copie, ce n’était plus tenable… ».
Entre dettes à apurer, projets prioritaires à maintenir et pressions du FMI, cette rallonge budgétaire révèle une situation financière plus fragile qu’annoncé.
Cette nouvelle trajectoire permettra-t-elle réellement de stabiliser l’économie ?

Un budget 2025 révisé sous pression économique

La révision du budget 2025 du Cameroun intervient dans un contexte où la conjoncture a littéralement bousculé toutes les hypothèses retenues fin 2024.
Le taux de croissance, d’abord prévu à 4,1 %, tombe à 3,9 %, tandis que l’inflation grimpe à 3,8 % contre 4 % initialement.
Le véritable coup dur vient cependant du pétrole : le baril, annoncé à 78,44 dollars, plafonne finalement à 72,84 dollars, plongeant les recettes de l’État de plus de 90 milliards Fcfa.

Dans un environnement marqué par la suspension de plusieurs appuis extérieurs, Yaoundé n’avait plus de marge : il fallait ajuster, et vite.

Un économiste basé à Douala résume :
« Quand les recettes s’effondrent, l’État doit choisir entre casser des projets ou creuser le déficit. On connaît le choix… ».

Pourquoi le Cameroun augmente son budget 2025 ?

La rallonge de 418,2 milliards Fcfa couvre plusieurs urgences :

  • 50 milliards Fcfa pour les biens et services,
  • 54 milliards Fcfa pour les ressources propres,
  • Appui à la réhabilitation de l’aéroport de Garoua,
  • Compensation des pertes liées aux ajustements tarifaires de l’électricité,
  • Paiement partiel d’une dette intérieure écrasante.

Les investissements pétroliers chutent de 65 milliards Fcfa, tandis que les financements extérieurs se dérobent.
Le service de la dette bondit, et les intérêts atteignent près de 431 milliards Fcfa.

Dans les ministères, les arbitrages ressemblent à un casse-tête. Un cadre avoue :
« On jongle avec les chiffres comme on peut… le crédit coûte trop cher maintenant. »

Un déficit élargi, assumé par le gouvernement

Le déficit budgétaire passe désormais à 295,6 milliards Fcfa, soit 0,8 % du PIB, contre 99,5 milliards dans la version initiale.
Le gouvernement explique cet élargissement par la nécessité de « soutenir l’investissement » et d’« amortir les chocs exogènes », entre flambée des prix, pressions géopolitiques et retard dans l’exécution de certains projets.

Cette adaptation, qualifiée de « pragmatique » par une source au Minfi, vise aussi à rassurer les partenaires internationaux, notamment le FMI, inquiet de la trajectoire budgétaire camerounaise.

Pour de nombreux observateurs, il s’agit surtout d’un pari risqué : maintenir les chantiers ouverts malgré une marge financière qui se réduit dangereusement.

Avec cette révision majeure, Yaoundé assume un déficit élargi pour éviter un coup d’arrêt à ses priorités économiques.
Mais dans un climat de tensions financières et de dettes lourdes, le Cameroun peut-il maintenir ce fragile équilibre sans exposer les populations aux futures mesures d’ajustement ?



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