Un projet pétrolier controversé agite les coulisses du secteur des hydrocarbures au Cameroun. Selon le journaliste et lanceur d’alerte Boris Bertolt, le projet CSTAR — un dépôt de 250 000 tonnes métriques de carburant couplé à une raffinerie de 30 000 barils/jour dans la zone portuaire de Kribi — aurait été lancé dans une opacité totale, impliquant des figures au sommet de l’État.
Les faits : un projet monté dans le dos des institutions
Boris Bertolt révèle que CSTAR est porté par Nathalie Moudiki, fille de l’Administrateur Directeur Général de la SNH Adolphe Moudiki, présentée comme la vraie patronne de fait de la structure, et par Franck Hertz Biya, décrit comme le jumeau de la Première Dame Chantal Biya.
Ce que dénonce le lanceur d’alerte est accablant :
Le Conseil d’Administration de la SNH n’a jamais été informé. Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire Général de la Présidence et président du CA, aurait découvert le projet. Le Premier ministre, chef du gouvernement, n’y a pas non plus été associé. Le MINEE, la CSPH et la SONARA — acteurs clés du secteur — ont été tenus à l’écart, créant un vide réglementaire total.
Boris Bertolt pointe également une concurrence absurde avec la SCDP, qui gère déjà dix dépôts sur le territoire national. CSTAR en ajouterait un onzième, sans étude comparative de coûts rendue publique.
L’affaire Techlogix : 140 milliards jamais remboursés
Le volet le plus explosif de l’enquête de Boris Bertolt concerne l’entreprise Techlogix. En 2024, cette société — difficilement identifiable — aurait reçu cinq cargaisons de pétrole brut de la SNH, d’une valeur minimale de 140 milliards de FCFA. À mars 2025, aucun paiement n’aurait été enregistré dans les comptes de la SNH.
Le Directeur Commercial Adjoint de l’époque, M. Ndongo Ndi Emmanuel, aurait formellement alerté l’ADG Adolphe Moudiki par écrit. Résultat : il a été rétrogradé, puis évincé de la SNH. Les 140 milliards restent impayés à ce jour.
Or, selon Boris Bertolt, le Chairman de Techlogix n’est autre que M. Azzam Makhlouf — aujourd’hui vice-président de CSTAR, nommé lors du premier conseil d’administration tenu à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Nathalie Moudiki, elle, y aurait été nommée à la fois PCA et CEO de la structure.
Le consortium partenaire ARIANA/RCG, note encore Boris Bertolt, n’aurait aucune référence solide en raffinage ni en gestion de stocks stratégiques.
Cette affaire, portée par le journaliste Boris Bertolt, soulève des questions graves : qui contrôle réellement la SNH ? Qui protège les 140 milliards disparus ? Et sur quelle base légale CSTAR opère-t-il ? Les institutions camerounaises devront répondre.



