(Investir au Cameroun) – En 2030, le Cameroun ambitionne de faire passer sont taux d’accès à la cuisson propre à 40%, contre 23,4% en 2022, selon le Compact énergie national. Il s’agit de la feuille de route que vient d’élaborer le gouvernement camerounais en collaboration avec des partenaires internationaux, en vue du développement des infrastructures énergétiques durables dans le pays à l’horizon 2030.
Pour pouvoir réaliser l’objectif d’accroître ainsi de 16,6% d’ici 2030 le taux d’accès à la cuisson propre, le gouvernement camerounais s’engage à permettre « à 1,7 million de personnes supplémentaires chaque année, d’accéder à des alternatives énergétiques tels que le GPL – gaz de pétrole liquéfié encore appelé gaz domestique – le charbon écologique, l’électricité et le biogaz ». Objectif affiché : réduire la dépendance de certaines populations camerounaises au bois-énergie – bois de chauffage et charbon de bois.
Selon le ministère des Forêts et de la Faune, le marché du charbon de bois au Cameroun pèse par exemple environ 17 milliards de FCFA par an. Cependant, soutient ce département ministériel, « la contribution de la filière bois-énergie aux revenus de l’Etat reste marginale, alors que des sommes pouvant atteindre 1 milliard de FCFA sont prélevées aux acteurs de la filière par les réseaux de parafiscalité ».
En d’autres termes, la filière bois-énergie au Cameroun est très florissante pour les opérateurs, mais très peu pourvoyeuse de recettes pour le Trésor public. Pourtant, cette activité est destructrice de l’environnement, comme le dénoncent sans cesse les ONG. L’ambition du gouvernement de faire migrer progressivement les populations vers des sources énergétiques alternatives comme le gaz domestique, le biogaz ou encore le charbon écologique, participe de ce point de vue de la préservation de l’environnement.
Cependant, l’atteinte de cet objectif est conditionné par la réalisation des investissements dans les infrastructures de production, à hauteur de 114 millions de dollars américains sur la période, soit plus de 64 milliards de FCFA. Selon le Compact énergie national, le plus gros de l’enveloppe devrait être pourvu par des prêts concessionnels et des dons – plus de 37 milliards de FCFA. Tandis que respectivement 17 et un peu plus de 10 milliards de FCFA sont attendus des opérateurs privés et de l’Etat du Cameroun.
BRM



