(Investir au Cameroun) – La période 2018-2025 a marqué une accélération dans le secteur énergétique camerounais, portée par la mise en service de projets structurants qui redessinent le paysage électrique national. Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie initialement fixée à l’horizon 2020 visant à porter la capacité de production du pays à 3 000 MW ; l’objectif est aujourd’hui reporté à 2030 en raison de retards d’exécution.
Le barrage hydroélectrique de Nachtigal reste le chantier emblématique de cette séquence. D’une capacité de 420 MW, il a commencé à alimenter le réseau en juin 2024 et a atteint sa pleine puissance en mars 2025. Fruit d’un partenariat public-privé réunissant l’État camerounais, EDF et la Société financière internationale, l’investissement total dépasse 1 200 milliards FCFA lorsqu’on inclut les lignes de transport associées.
L’entrée en service de la centrale a accru la capacité nationale d’environ 30 % et a déjà réduit la fréquence des délestages. Les travaux ont généré plus de 3 000 emplois directs et indirects, dynamisant l’économie de la région du Centre. Des lignes de transport énergétique entre le barrage de Nachtigal et le réseau interconnecté sud, complèteront à terme l’ouvrage ; l’achèvement de leurs constructions était prévu pour le troisième trimestre 2025, avec pour objectif celui de sécuriser l’approvisionnement des principaux pôles industriels du pays tout en réduisant les pertes en ligne.
Le barrage de régulation de Lom Pangar, inauguré avant 2018, a pleinement démontré son utilité durant la période. Sa retenue de 6 milliards de m³ régule le débit de la Sanaga et fournit en moyenne 120 MW supplémentaires aux centrales aval, améliorant la stabilité de la production, en particulier en saison sèche. Le recours à la solution de centrale thermique à gaz permet de consolider la sécurité énergétique. La centrale de Kribi (216 MW) alimentée par le gaz naturel camerounais, renforce celle de Dibamba (88 MW), et permet de diversifier le mix énergétique tout en réduisant la dépendance aux importations d’hydrocarbures.
La centrale de Kribi (216 MW) alimentée par le gaz naturel camerounais, renforce celle de Dibamba (88 MW), et permet de diversifier le mix énergétique tout en réduisant la dépendance aux importations d’hydrocarbures.
Le projet de centrale solaire de Guider (30 MW), entrée en service en 2023, est la première installation solaire de grande envergure du pays. Elle alimente actuellement plus de 150 000 habitants du Nord et atténue les disparités énergétiques régionales. Le Programme d’électrification rurale (PER), doté de plus de 200 milliards FCFA, a permis de raccorder environ 400 localités entre 2018 et 2023, portant l’électricité à plus d’un million et demi de ruraux. Les données consolidées pour 2024-2025 ne sont pas encore publiées ; l’objectif de 500 localités et 2 millions de bénéficiaires reste donc à confirmer.

Plus de 2 000 km de lignes électriques ont été construits ou réhabilités, et des postes équipés de transformateurs modernes ont réduit les pertes techniques.
Parallèlement, plus de 2 000 km de lignes électriques ont été construits ou réhabilités, et des postes équipés de transformateurs modernes ont réduit les pertes techniques. Les mini-réseaux solaires connaissent un développement rapide : une vingtaine d’installations pilotes fonctionnent déjà dans l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord ; des projets supplémentaires sont en cours pour porter leur nombre à plus d’une centaine, mais ce chiffre n’est pas encore officiellement atteint.
L’École nationale supérieure polytechnique (ENSP) et l’Institut universitaire de technologie (IUT) ont adapté leurs programmes pour répondre aux besoins techniques des nouvelles infrastructures, mais le nombre exact de spécialistes formés entre 2018 et 2025 n’est pas encore consolidé. L’Agence de régulation du secteur de l’électricité (ARSEL) a poursuivi la modernisation de la régulation tarifaire et de la qualité de service, tandis que la participation du Cameroun au Pool énergétique de l’Afrique centrale (PEAC) prépare les conditions d’échanges régionaux, même si les interconnexions avec le Tchad et la République centrafricaine restent à finaliser.




