(Investir au Cameroun) – Directeur de Publication du magazine Défis Actuels et président du Club de la Presse Économique, François Bambou suit de près les grandes orientations de la politique économique camerounaise. Il a coordonné un dossier spécial rassemblant des interviews des principaux responsables publics, ce qui lui a donné une vue d’ensemble sur la communication et l’action gouvernementales. Dans cet entretien, il a présenté une synthèse de ces témoignages, une lecture critique des politiques en faveur des PME, des stratégies de financement du logement, du processus de modernisation des finances publiques et de l’évolution des relations entre l’État et le secteur privé.
Investir au Cameroun : Dans vos interviews avec les responsables gouvernementaux, notamment le ministre de l’Économie Alamine Ousmane Mey et le ministre des Finances Louis Paul Motaze, quels engagements concrets avez-vous entendus concernant la création d’emplois pour les jeunes ? Au regard de vos observations de terrain, ces politiques produisent-elles les résultats escomptés, et que révèlent les témoignages des responsables sur l’ampleur réelle du défi de l’emploi des jeunes au Cameroun ?
François Bambou : Il faut reconnaître dans leurs réponses un effort de franchise, notamment lorsqu’il s’agit de constater l’ampleur et la complexité des problèmes, de surcroît dans un contexte de rationnement des ressources financières de l’État. Rappelons qu’en raison de la crise sécuritaire, trois régions du pays ne contribuent pas au budget de l’État, mais absorbent au contraire davantage de ressources, du fait du coût élevé de la stabilisation, de la reconstruction et du déploiement sécuritaire.
« Rappelons qu’en raison de la crise sécuritaire, trois régions du pays ne contribuent pas au budget de l’État, mais absorbent au contraire davantage de ressources, du fait du coût élevé de la stabilisation, de la reconstruction et du déploiement sécuritaire. »
Il ressort des interviews avec ces ministres que la création d’emplois pour les jeunes demeure le fil d’Ariane de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a mis en avant l’accompagnement des « entreprises championnes » et des structures de substitution aux importations par des produits locaux, afin de stimuler la production et la transformation nationales, sources directes d’emplois. Il cite notamment le PIISAH (Programme Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique) et le Programme d’Impulsion Initiale de l’Import-Substitution, qui ciblent des filières porteuses comme le cacao, le soja, le riz, le lait ou la pêche, avec pour ambition de générer des milliers d’emplois à moyen terme.

« Les tiroirs du gouvernement sont remplis de projets révolutionnaires, engloutis dans les méandres de la bureaucratie »
Quant au ministre des Finances, Louis Paul Motaze, il met l’accent sur les facilités fiscales destinées à encourager l’implantation d’entreprises à fort potentiel d’emploi dans les secteurs prioritaires cités plus haut. Il souligne également le Fonds de garantie de 200 milliards de FCFA mis en place pour soutenir les entreprises nationales qui peinent à mobiliser des garanties afin d’obtenir des crédits bancaires. Par ailleurs, il détaille les mesures budgétaires et fiscales incitatives adoptées, notamment dans les zones sinistrées du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord, où plus de 15 600 emplois sont attendus grâce aux investissements privés et à la reconstruction des infrastructures.
Cette stratégie gouvernementale a été considérablement freinée dès son lancement par la crise du Covid-19, les effets du conflit russo-ukrainien et la persistance de la crise sécuritaire dans les trois régions du pays en proie aux groupes terroristes et aux mouvements séparatistes. Il est d’ailleurs étonnant que la SND30 n’ait pas encore été actualisée pour tenir compte de ces bouleversements.
Sur le terrain, les témoignages recueillis montrent que ces politiques commencent à produire des effets tangibles : soutien aux jeunes entrepreneurs, relance de l’agriculture et du commerce local, projets d’infrastructures créateurs d’emplois directs. Mi-août dernier, le ministre de l’Économie Alamine Ousmane Mey a débloqué une somme de 13,5 milliards de francs Cfa au profit de diverses structures impliquées dans la mise en œuvre du PIISAH, afin de booster la production dans les filières riz, poisson, lait et maïs. Objectif : réduire les importations de ces denrées qui creusent le déficit de la balance commerciale, mais surtout, créer des dizaines de milliers d’emplois à travers le pays.
Investir au Cameroun : Vous avez interrogé Achille Bassilekin III, Ministre des PME, et Louis Paul Motaze sur les dispositifs de soutien aux PME, notamment le fonds de garantie de 200 milliards de FCFA et les programmes d’accompagnement. Que vous ont révélé ces responsables sur l’efficacité réelle de ces mesures ? Votre position d’observateur privilégié vous permet-elle de confirmer que ces dispositifs atteignent effectivement les PME camerounaises, et quels sont les obstacles persistants que vous avez identifiés ?
François Bambou : Les patrons du MINPMEESA et du Ministère des Finances ont présenté un dispositif dense de soutien aux PME, intégrant allègements fiscaux, financements, incubation, formalisation et accompagnement technique. Le Fonds de garantie de 200 milliards de FCFA évoqué plus haut, le système Blupass (externalisation de la gestion des créances et protection contre les impayés), les programmes PAD-PME (Programme d’Appui au Développement des Petites et Moyennes Entreprises de Transformation et de Conservation des Produits Locaux de Consommation de Masse), ou encore les incubateurs publics et privés, sont autant d’instruments parmi d’autres qui visent à lever les obstacles au financement, à structurer les filières et à promouvoir l’innovation.
Selon les ministres, ces mesures s’appuient sur des instruments comme l’Agence de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (APME), le projet Transfagri (pour stimuler la transformation des produits agricoles) ou encore le Fonds Proto (destiné à aider les inventeurs à élaborer leurs prototypes). Elles ont déjà permis à des milliers de jeunes entrepreneurs de concrétiser leurs projets, à des PME d’obtenir des financements – même si le besoin reste immense – et à des artisans de progresser dans leur formalisation et la mise aux normes de leurs produits. Grâce aux centres de formalités de création d’entreprise, 21 132 entreprises ont été créées en 2024, contre 19 651 en 2023, dont 9 488 par des jeunes.
Ce satisfecit des membres du gouvernement montre certes que la stratégie est prometteuse, mais l’efficacité à grande échelle de ces dispositifs reste entravée par une bureaucratie extrêmement lourde, souvent répressive, qui tarde à se convertir à une philosophie d’accompagnement et ne s’est pas encore approprié l’impératif de promouvoir un vivier de PME et TPE viables.
« La stratégie est prometteuse, mais l’efficacité à grande échelle de ces dispositifs reste entravée par une bureaucratie extrêmement lourde, souvent répressive, qui tarde à se convertir à une philosophie d’accompagnement. »
La corruption contribue également à affaiblir l’efficacité de ces mesures. Non seulement la sélection des bénéficiaires se fait parfois selon des critères non objectifs, mais les appuis financiers se retrouvent parfois, en partie au moins dans les poches de certains fonctionnaires impliqués dans la chaîne d’attribution.
Concernant l’utilisation du Fonds de garantie de 200 milliards de FCFA, un rapport du Ministère de l’Économie indique qu’il est très faiblement sollicité, les PME ayant du mal à franchir l’étape cruciale de la « bancabilité » de leurs dossiers. Autrement dit, le vœu du Ministre des Finances de voir un grand nombre de PME accéder aux financements bancaires est loin d’être comblé.
En revanche, des avancées positives sont observées dans les programmes de certification, de packaging (Cameroon Food Packaging and Quality – CAPMACK-Q) et d’accès aux marchés publics. De même, la multiplication des salons et foires d’exposition offre au génie camerounais une vitrine importante, confirmant l’impératif d’un encadrement étatique plus pertinent et plus efficace.
Investir au Cameroun : Votre interview avec Jean Paul Missi, DG du Crédit Foncier, révèle des chiffres impressionnants : plus de 600 milliards de FCFA injectés dans l’économie, 100 000 logements construits. Cependant, la crise de l’habitat persiste avec un déficit de plus de 2 millions d’unités. Comment concilier ces performances annoncées par les responsables avec la réalité du terrain ? Que vous ont confié les responsables sur les véritables obstacles à l’accès au logement pour les Camerounais ordinaires ?
François Bambou : Pour résumer la crise de l’habitat en quelques chiffres, l’on apprend que le déficit en logements est d’environ 2 millions d’unités, générant un besoin de financement évalué entre 100 et 150 milliards de FCFA par an. Les facteurs aggravants sont la forte croissance urbaine et l’expansion mal maîtrisée de certaines villes.
Pour contribuer à la résorption de ce déficit, le Crédit Foncier du Cameroun finance une large gamme de projets : cités municipales, logements sociaux, cités universitaires et scolaires. Selon Jean Paul Missi, directeur général, l’inclinaison sociale du Crédit Foncier se traduit notamment par des crédits immobiliers à très faible taux (de 1,5 % à 7 % TTC), destinés en priorité aux couches défavorisées et aux jeunes. Les établissements de microfinance servent également de relais pour le financement de l’habitat des populations à faibles revenus.
Cependant, aussi volontaristes soient-elles, ces initiatives ne suffisent pas — loin s’en faut — à résorber les besoins. La synergie entre le Crédit Foncier du Cameroun, la Société Immobilière du Cameroun (SIC) et la Mission d’Aménagement des Terrains Urbains et Ruraux (MAETUR) s’est essoufflée. Le secteur bancaire, du fait de ses orientations et procédures inadaptées à un marché largement informel, n’a toujours pas formulé d’offres de financement adéquates pour s’emparer de ce segment.
« Le secteur bancaire, du fait de ses orientations et procédures inadaptées à un marché largement informel, n’a toujours pas formulé d’offres de financement adéquates pour s’emparer de ce segment. »
On peut d’ailleurs s’étonner du fait que la récente ordonnance fixant les incitations à l’investissement n’inclut pas le secteur de la construction, qui, en plus de son fort potentiel de croissance et son impact social, pourrait soutenir le développement industriel et tertiaire, notamment dans la céramique, la sidérurgie, la cimenterie, la câblerie, la tuyauterie, ainsi que dans la finance spécialisée et l’immobilier. Autant de domaines qui généreraient également des dizaines de milliers d’emplois.
Investir au Cameroun : Le ministre des Finances Louis Paul Motaze vous a présenté les réformes de modernisation du Trésor public, la dématérialisation des procédures (PROBMIS, PATRIMONY) et l’assainissement des finances publiques saluées par le FMI. En tant qu’observateur des politiques publiques, comment évaluez-vous l’écart entre ces annonces de modernisation et la réalité de la gestion publique ? Les responsables vous ont-ils convaincu de l’efficacité réelle de ces réformes ?
François Bambou : Il faut reconnaître qu’il y a eu un grand bond qualitatif en matière d’assainissement des finances publiques, de modernisation de la gestion des régies financières et de la relation avec les contribuables. Aujourd’hui, le contribuable déclare ses impôts depuis son bureau, à partir de son ordinateur ou de son téléphone, et paie par virement bancaire ou via mobile money.
« Aujourd’hui, le contribuable déclare ses impôts depuis son bureau, à partir de son ordinateur ou de son téléphone, et paie par virement bancaire ou via mobile money. »
Il en est de même pour les recettes non fiscales dont la collecte est désormais dématérialisée à travers des applications informatiques. De fait, il y a un réel allègement des tracasseries pour les contribuables et, j’imagine, une meilleure traçabilité et sécurisation des recettes du côté de l’État.
Toutefois ce volontarisme du ministre des Finances se heurte à des résistances internes au changement. La dématérialisation des procédures et la digitalisation des paiements ont éliminé la circulation du cash et réduit les contacts entre usagers et administrations financières, asséchant ainsi certains circuits de corruption et d’enrichissement illicite. D’où les résistances qui se manifestent par des bugs, des lenteurs dans la validation de certaines procédures, ou encore par des intrusions intempestives dans la vie des entreprises, sous prétexte de vérifications ou de redressements fiscaux.
« La dématérialisation des procédures et la digitalisation des paiements ont éliminé la circulation du cash et réduit les contacts entre usagers et administrations financières, asséchant ainsi certains circuits de corruption et d’enrichissement illicite. »
Il n’en demeure pas moins que les réformes présentées par le ministre Louis Paul Motaze – modernisation du Trésor public, dématérialisation des procédures via PROBMIS et PATRIMONY, assainissement des finances publiques – témoignent d’une ambition claire de modernisation, de transparence et d’efficacité. Sur le papier, ces initiatives, saluées par le FMI, offrent un cadre moderne pour sécuriser les recettes de l’État et rationaliser les dépenses.
Investir au Cameroun : À travers vos interviews, vous avez abordé la question du dialogue public-privé et des mesures d’amélioration du climat des affaires. Que vous ont révélé les responsables sur l’évolution réelle de cette relation ? Pouvez-vous confirmer les progrès annoncés, et quelles sont les attentes non satisfaites du secteur privé que vous avez pu identifier ?
François Bambou : Le dialogue public-privé a connu quelques heurts ces dernières années, notamment en ce qui concerne la tenue régulière de ses instances classiques. Principalement, les responsables du patronat déplorent que certaines mesures phares, adoptées de commun accord, tardent à être mises en œuvre en raison de la bureaucratie lourde et contre-productive qui caractérise l’administration camerounaise.
Cependant, nos échanges avec les ministres Alamine Ousmane Mey et Louis Paul Motaze révèlent que ces membres du gouvernement attachent une importance croissante au dialogue public-privé et à l’amélioration du climat des affaires, sans qu’il s’agisse pour autant de subir un quelconque chantage ou diktat de la part des acteurs privés. Le ministre Motaze s’est d’ailleurs rendu plusieurs fois au siège du patronat à Douala pour discuter des réformes à mettre en œuvre, afin de mieux intégrer les préoccupations du secteur privé dans les lois de finances. Il met en avant la simplification des procédures fiscales et douanières, la dématérialisation et la digitalisation des services publics, notamment fiscaux et douaniers, ainsi que la mise en place de mécanismes de garantie des emprunts bancaires pour les PME, comme autant d’outils destinés à fluidifier l’activité du secteur privé.
Sur le terrain, ces initiatives ont produit des effets tangibles : certaines PME accèdent plus facilement au crédit et les délais administratifs ont été réduits. Toutefois, l’expérience des acteurs privés révèle que plusieurs attentes demeurent insatisfaites : la bureaucratie persiste dans certains services, l’accès aux financements de long terme reste limité, et la promotion effective du « Made in Cameroon » peine à se traduire en un soutien concret aux producteurs locaux. À ce propos, des incohérences subsistent entre les discours et les actes de certains dirigeants. Le gouvernement lui-même reste un grand consommateur de produits importés, comme les mobiliers de bureau disponibles pourtant sur place.
« À ce propos, des incohérences subsistent entre les discours et les actes de certains dirigeants. Le gouvernement lui-même reste un grand consommateur de produits importés, comme les mobiliers de bureau disponibles pourtant sur place. »
Certains ouvrages publiés ces dernières années à la gloire du président Paul Biya, présenté comme chantre du « Made in Cameroon », ont été imprimés à l’étranger. De même, la production des livres scolaires par les imprimeurs locaux, pourtant bien équipés, continue d’être freinée par l’administration, alors même que le Premier ministre a donné son accord depuis 2021. On observe encore des fleurs importées inonder les lieux officiels lors des grandes cérémonies nationales.
En somme, le secteur privé attend une application plus cohérente des réformes et une véritable continuité dans leur mise en œuvre, afin de garantir un impact durable sur la compétitivité et la création d’emplois.
Investir au Cameroun : Le Ministre de l’Économie vous a longuement expliqué le Plan Intégré d’Import-Substitution (PIISAH) et les programmes d’accompagnement des entreprises championnes. Au regard de vos observations et des témoignages recueillis, cette stratégie de transformation structurelle produit-elle les résultats escomptés ? Que révèlent les chiffres et déclarations des responsables sur l’efficacité réelle de la politique de substitution aux importations ?
François Bambou : Dans l’optique de réduire le déficit de la balance commerciale et de garantir la souveraineté alimentaire, le gouvernement a adopté en 2024 un Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH) pour le triennat 2024-2026. D’après les informations et témoignages recueillis, la stratégie de transformation structurelle portée par le PIISAH et les programmes d’accompagnement des entreprises championnes commence à produire des résultats tangibles, mais de manière encore partielle.
Les indicateurs montrent une réduction progressive des importations de certains produits, comme le poisson congelé (-8,3 % en valeur en 2024), ainsi qu’une hausse des exportations de produits transformés, notamment le cacao (+115,5 % en valeur). Les entreprises soutenues ont accru leur production et leur productivité, tandis que l’investissement dans l’appareil industriel et la structuration des filières locales ont favorisé la création d’emplois.
« Selon le ministre Alamine Ousmane Mey, d’ici 2026, les mesures du Plan devraient permettre de réduire les importations de riz de 70 % »
Selon le ministre Alamine Ousmane Mey, d’ici 2026, les mesures du Plan devraient permettre de réduire les importations de riz de 70 %, avec une production nationale projetée à 464,5 milliers de tonnes. La production de maïs devrait passer de 2,7 millions de tonnes à 4,3 millions de tonnes, tandis que la production cumulée de farines panifiables est estimée à 303,6 milliers de tonnes en 2026.
Investir au Cameroun : Dans votre éditorial, vous évoquez un “sentiment d’inachevé” et vous interrogez : les promesses ont-elles été tenues ou ne sont-elles que des “illusions perdues” ? Après avoir rencontré tous ces responsables et recueilli leurs témoignages, quel est votre bilan personnel de ce septennat ? Les explications et justifications des responsables vous ont-elles convaincu, ou confirment-elles votre sentiment d’un septennat marqué par l’écart entre les ambitions affichées et les réalisations concrètes ?
François Bambou : Ne nous attardons pas trop sur la justification des retards dans l’atteinte des objectifs, car il y aura toujours une explication aux actes manqués. Il y a eu tellement de retards dans la réalisation des projets d’envergure que les justifier reviendrait à cautionner ce que le président Biya qualifie lui-même d’inertie, lorsqu’il tance son administration.
« Il y a eu tellement de retards dans la réalisation des projets d’envergure que les justifier reviendrait à cautionner ce que le président Biya qualifie lui-même d’inertie. »
Même la CAN 2021 a été jouée dans des stades inachevés, alors que les budgets avaient été consommés. Le Plan d’urgence “triennal” pour l’accélération de la croissance, lancé en 2015, n’est toujours pas achevé dix ans plus tard. Le projet de péages automatiques, amorcé dès 2009 par des études, puis relancé en 2019 avec l’attribution du marché de construction, n’a toujours pas abouti seize ans plus tard. On pourrait ainsi citer des dizaines de grands projets, et des centaines d’autres de moyenne envergure, qui n’ont jamais pu voir le jour du fait de cette administration lourde.
Comme souligné dans notre éditorial, le Cameroun ne s’est certes pas effondré au cours de ce septennat, mais il avance beaucoup trop lentement. Le sort du pays est en quelque sorte otage de l’affairisme et de la course à l’enrichissement qui sévissent dans la haute fonction publique.
« Le sort du pays est en quelque sorte otage de l’affairisme et de la course à l’enrichissement qui sévissent dans la haute fonction publique. »
Les tiroirs du gouvernement sont remplis de projets révolutionnaires, engloutis dans les méandres d’une bureaucratie réputée aussi broussailleuse que corrompue. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, mille programmes et stratégies ne changeront pas grand-chose au quotidien des Camerounais tant que cette bureaucratie ne sera pas refondée, restructurée de fond en comble, et réorientée vers le service rendu, la performance et la redevabilité.




