(Investir au Cameroun) – Le projet de bauxite de Minim Martap, développé au Cameroun par l’australien Canyon Resources, essuie un revers sur son schéma de financement. Dans une mise à jour publiée le 11 mars 2026, le groupe indique que « lors de l’assemblée générale extraordinaire de la société tenue le 9 mars 2026, la tranche 2 du placement de la société n’a pas été approuvée par les actionnaires ».
Selon l’entreprise, cette tranche comprenait « une levée de fonds en fonds propres d’environ 70 millions de dollars australiens » près de 27,6 milliards de FCFA, au titre d’Afriland Bourse & Investissement, ainsi qu’un placement de 100 millions de dollars australiens, soit environ 39,5 milliards de FCFA, au profit d’Eagle Eye Asset Holdings. Le vote négatif des actionnaires bloque ainsi, à ce stade, la composante de l’opération qui devait ouvrir le capital à ces deux investisseurs.
Canyon Resources soutient toutefois que cet échec n’affecte pas, pour l’instant, la poursuite de la phase initiale du projet. Dans le même document, la société précise que « nonobstant cette issue, la phase 1 du développement de Minim Martap demeure intégralement financée », grâce à la part non tirée d’environ 95 millions de dollars américains sur la facilité de crédit de 140 millions de dollars accordée par AFG Bank Cameroon, à laquelle s’ajoute une trésorerie non auditée d’environ 43 millions de dollars au 28 février 2026.
Le groupe ajoute que ses projections de trésorerie actualisées confirment, selon lui, que la position de trésorerie actuelle et le solde non tiré de la dette bancaire suffisent à couvrir les besoins d’investissement jusqu’à la première expédition, sans financement additionnel d’Afriland ni d’Eagle Eye Asset Holdings. Sur cette base, l’entreprise affirme rester en mesure de viser une première expédition de minerai au troisième trimestre 2026.
Calendrier operationnel
Sur le plan industriel, Canyon maintient également son calendrier. Le communiqué indique que l’engin d’extraction de surface a déjà été acheminé sur le site, que les opérations minières doivent commencer avant la fin mars et que la première production de bauxite est ciblée pour le début du deuxième trimestre 2026. Le groupe précise aussi que sa trésorerie actuelle, combinée au financement bancaire d’AFG, doit permettre de couvrir les besoins en CAPEX de la phase 1 jusqu’aux premières expéditions.
Le directeur général de Canyon, Peter Secker, met en avant cette continuité opérationnelle. « La mobilisation de l’engin d’extraction de surface représente une étape importante alors que Minim Martap se rapproche rapidement de la production », déclare-t-il dans le communiqué. Il ajoute que le démarrage de l’exploitation minière est attendu sous peu et que le financement sécurisé jusqu’à la première expédition permet au groupe de se maintenir sur une trajectoire compatible avec une première cargaison au troisième trimestre 2026.
En parallèle, les préparatifs logistiques se poursuivent. Les discussions avec le constructeur CRRC restent en cours, et les premières locomotives sont attendues au port de Douala entre le milieu et la fin du deuxième trimestre 2026, afin de permettre l’acheminement du minerai depuis l’installation ferroviaire intérieure jusqu’au port avant les premières expéditions.
L’entreprise indique aussi poursuivre ses échanges avec Camrail sur une éventuelle hausse de sa participation au-delà de 9,1 %, cette option ayant déjà été intégrée à ses projections de trésorerie actualisées.
Sur le plan commercial, Canyon affirme que les discussions progressent. La société entend finaliser ses accords d’enlèvement après les premières expéditions de bauxite, afin de permettre aux clients de confirmer les caractéristiques du minerai de Minim Martap, présenté comme affichant environ 51 % d’alumine et près de 2 % de silice. Plus largement, le groupe rappelle que son projet phare au Cameroun recèle plus de 1,1 milliard de tonnes de bauxite, avec des réserves de minerai de 144 millions de tonnes à 51,2 % d’Al2O3 et 1,7 % de SiO2.
Au-delà du revers actionnarial, l’enjeu se déplace désormais vers l’exécution. Le marché observera moins la controverse sur le tour de table que la capacité du groupe à tenir ses prochaines échéances industrielles et logistiques. La crédibilité du projet se jouera donc, à court terme, sur des marqueurs concrets. Notammant le lancement effectif de l’exploitation, la fluidité de la chaîne de transport et la transformation des discussions commerciales en engagements fermes. C’est sur ce terrain, davantage que sur celui du capital, que se mesurera désormais la solidité de Minim Martap.
Baudouin Enama
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