Un nouveau rapt massif secoue la région de l’Adamaoua. Douze personnes ont été enlevées en pleine journée sur la route Meïganga–Yamba, dans une attaque attribuée à des coupeurs de route. Parmi les victimes figurent des élèves, un enseignant, des cultivateurs et un élu local. Une attaque de plus qui relance les inquiétudes sur la sécurité dans cette zone déjà fragilisée.
Une embuscade en plein jour sur un axe routier stratégique
Selon des témoignages concordants, les assaillants ont surgi de la broussaille avant de bloquer brutalement la circulation sur cet axe reliant plusieurs localités rurales de l’Adamaoua. Automobilistes et motocyclistes ont été pris au piège, sans possibilité de fuite.
« Ils ont tout pris — les gens, les motos, tout », confie un riverain encore sous le choc.
Les ravisseurs ont ensuite procédé à l’enlèvement de plusieurs personnes, emportant également des biens matériels. L’attaque, menée avec rapidité et organisation, laisse penser à un groupe habitué à ce type d’opérations.
Les victimes : élèves, enseignant et civils pris au hasard
Parmi les 12 personnes kidnappées figurent :
- Ndanye Justin — enseignant à l’école publique de Dare-Tiguera
- Azimi — cultivatrice
- Teddy — élève au CES de Yamba
- Zana — conseiller municipal
- Adamou — berger
- Yaki Nicolas — cultivateur
- Nene Marie — élève à l’école publique de Djaro-Mone
- Ngoya Pascaline — élève à l’école publique de Djaro-Mone
- Abbo — cultivateur
- Babilou — cultivateur
- Zibo — cultivateur
- Younoussa — cultivateur
Parmi eux, au moins trois mineurs scolarisés. Des profils ordinaires, pris pour cible alors qu’ils vaquaient à leurs occupations quotidiennes.
Une région sous pression sécuritaire constante
L’Adamaoua est depuis plusieurs années confrontée à une recrudescence des actes de banditisme, notamment sur les axes routiers secondaires. Les enlèvements contre rançon, longtemps sporadiques, tendent à se multiplier, touchant désormais des civils sans distinction.
Les routes reliant Meïganga, Yamba et les villages environnants sont régulièrement citées comme zones à risque, en raison de leur isolement et du faible maillage sécuritaire. Les groupes armés profitent de la végétation dense et du manque de présence des forces de l’ordre pour mener des attaques éclair.
Un mode opératoire bien rodé
Les coupeurs de route opérant dans la région utilisent généralement la même stratégie :
embuscade en zone isolée, blocage de la circulation, intimidation armée, puis enlèvement ciblé de certaines victimes.
Les otages sont ensuite retenus dans des zones reculées, souvent en attendant le paiement de rançons exigées auprès des familles. Une pratique qui alimente un cycle de violence difficile à enrayer.
Quelles réactions des autorités ?
À l’heure où ces lignes sont publiées, aucune communication officielle détaillée n’a été faite concernant cette attaque. Le silence ou la lenteur des réactions officielles face à ces incidents contribue à renforcer le sentiment d’abandon ressenti par les populations locales.
Sur le terrain, les habitants appellent à un renforcement urgent de la sécurité, notamment sur les axes les plus exposés.
Un climat de peur qui s’installe durablement
Au-delà du drame humain, ces enlèvements ont des conséquences profondes sur la vie quotidienne :
- baisse des déplacements
- perturbation de la scolarité
- ralentissement des activités agricoles et commerciales
Dans certaines localités, les populations hésitent désormais à emprunter certaines routes, même en journée.
Une spirale inquiétante
Cette nouvelle attaque relance une question devenue récurrente : jusqu’où ira cette vague de kidnappings dans l’Adamaoua ?
Sans réponse sécuritaire forte et durable, le risque est grand de voir ces actes se banaliser davantage, au détriment des populations déjà vulnérables.



