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55 % des médecins fuient après leur formation


Fuite des médecins Cameroun – blouse blanche abandonnée, symbole du départ massif des professionnels de santé camerounais en 2026.

Des médecins formés qui font du benskine pour survivre. C’est le tableau choc dressé par le Dr Roger Etoa, membre du Conseil de l’Ordre national des médecins du Cameroun, ce dimanche sur le plateau de Club d’Élites sur Vision 4. Plus de la moitié des médecins camerounais — soit 55 % — disparaissent des radars cinq ans après leur diplôme. Certains au chômage, d’autres à l’étranger, d’autres encore réduits à des petits boulots de survie. Le Cameroun forme-t-il des médecins pour les offrir au monde entier ?

Des chiffres qui font mal : chômage, fuite et salaires de misère

Le Dr Roger Etoa n’a pas mâché ses mots : « Plus de la moitié d’entre eux, soit environ 55 %, se sont évaporés après cinq ans. Près de 10 % se retrouvent au chômage, certains contraints de faire du benskine ou de se lancer dans l’élevage. » Une réalité brutale pour des hommes et femmes ayant passé des années sur les bancs de la Faculté de médecine de Yaoundé.

Côté rémunération, le tableau est tout aussi sombre. Le salaire moyen d’un médecin cinq ans après sa formation oscille entre 200 000 et 300 000 FCFA. Mais l’étude a révélé des cas extrêmes à 50 000 FCFA par mois — à peine le salaire d’un manœuvre qualifié. Dans la fonction publique, un médecin titulaire perçoit aujourd’hui environ 175 000 FCFA.

La fuite, elle, ne date pas d’hier. Selon une enquête de l’Ordre national des médecins du Cameroun, plus de 5 000 médecins camerounais exercent à l’étranger, contre seulement 4 000 restés au pays. Un exode alimenté par les conditions de travail dégradées et accéléré depuis la double baisse de salaire de 1993, où certains agents ont perdu jusqu’à 60 % de leurs revenus. Face à ce désastre, l’Ordre réclame une revalorisation salariale urgente et l’ouverture de nouvelles facultés de médecine sur le territoire national.



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