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5 ans sans réunion, la justice bloquée


Conseil supérieur de la magistrature Cameroun – salle d'audience vide, symbole d'une justice paralysée depuis 5 ans.

Cinq ans. C’est le temps écoulé depuis la dernière convocation du Conseil supérieur de la magistrature au Cameroun — le 10 août 2020. Pendant ce temps, des dizaines de jeunes magistrats sortis de l’ENAM attendent toujours une affectation, les tribunaux étouffent sous les dossiers, et la corruption prospère en silence. Paul Biya, président du CSM depuis plus de 40 ans, n’a toujours pas reconvoqué l’instance. Jusqu’où peut aller cette paralysie judiciaire ?

Le Conseil supérieur de la magistrature est l’organe chargé des nominations, mutations, avancements et sanctions disciplinaires des magistrats camerounais. Sans lui, rien ne bouge. La loi n° 82-014 du 26 novembre 1982 confie sa présidence au chef de l’État — Paul Biya — qui en est aussi le seul convocateur. Résultat : une institution entière dépend du bon vouloir d’un homme de 93 ans, au pouvoir depuis plus de quatre décennies.

Une justice à l’arrêt, une économie qui saigne

Depuis 2020, des magistrats formés à l’ENAM de Yaoundé sont en attente d’affectation. Dans les prétoires, les juges en poste sont submergés : des affaires s’étirent sur des mois, parfois des années. Ce vide institutionnel alimente directement la corruption. Et là où la justice est un privilège, les investisseurs fuient. La dette publique du Cameroun atteint aujourd’hui environ 13 000 milliards de francs CFA — dans un contexte où la mauvaise gouvernance reste structurelle.

Des voix s’élèvent pour réclamer une séparation réelle des pouvoirs. « Le président de la République doit trembler devant l’organe judiciaire », écrivent des juristes dans un plaidoyer récent. Le constat est brutal : tant que l’exécutif tient la justice en laisse, aucune réforme profonde n’est possible.



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