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30 Camerounais reçoivent 5 000 $ pour entreprendre


Ils étaient plus de 265 000 candidats à travers l’Afrique. Jusqu’à 30 Camerounais ont été retenus. La Fondation Tony Elumelu vient de dévoiler sa cohorte 2026, et le Cameroun figure une fois de plus parmi les grands bénéficiaires du continent. Chaque entrepreneur sélectionné reçoit 5 000 dollars de financement de démarrage, un programme de formation intensif et l’accès à un réseau panafricain de mentors. Dans un pays où trouver un emploi stable relève parfois du parcours du combattant, cette opportunité tombe à point nommé.

Le Cameroun, pilier incontournable du programme TEF en Afrique centrale

Ce n’est pas un hasard si le Cameroun revient chaque année en tête des bénéficiaires TEF dans la région CEMAC. Depuis le lancement du programme, les résultats accumulés dans le pays sont éloquents : 20 255 550 dollars de revenus générés, 58 703 emplois créés et 896 entrepreneurs soutenus dans des secteurs aussi variés que l’agriculture, la fintech, l’énergie propre, la gestion des déchets ou encore l’éducation.

Ces chiffres ne tombent pas du ciel. Ils sont le fruit du travail acharné de jeunes entrepreneurs camerounais — à Douala, Yaoundé, Bafoussam, Bertoua, Garoua — qui ont transformé une idée en activité réelle, souvent dans des conditions difficiles, sans filet de sécurité, parfois sans soutien familial ou institutionnel.

Comparé à ses voisins de la zone CEMAC, le Cameroun écrase littéralement les statistiques. Le Tchad, deuxième pays de la région, compte 614 bénéficiaires pour 53 465 emplois créés. Le Congo-Brazzaville affiche 45 bénéficiaires, le Gabon 78, la Centrafrique 29 et la Guinée Équatoriale 28. Le Cameroun, avec ses 896 bénéficiaires, s’impose sans contestation comme le hub entrepreneurial numéro un d’Afrique centrale dans l’écosystème TEF.

5 000 $ : petit chiffre, grand levier

Cinq mille dollars. À première vue, cela peut paraître modeste. Mais pour un jeune entrepreneur camerounais qui démarre sans capital, sans accès au crédit bancaire et sans garanties à présenter, ces 5 000 dollars représentent souvent la différence entre un projet qui reste dans un carnet et une entreprise qui ouvre ses portes.

Ce financement de démarrage s’accompagne d’un programme de formation structuré sur plusieurs mois, conçu pour renforcer les compétences en gestion, marketing, comptabilité et leadership. Les bénéficiaires intègrent également un réseau de 3 200 entrepreneurs africains — la cohorte 2026 — issus de dizaines de pays, avec qui ils peuvent échanger, collaborer et se développer.

C’est cette combinaison — argent + formation + réseau — qui fait la force du programme TEF. Pas simplement un chèque remis et oublié, mais un accompagnement réel sur la durée.

Tony Elumelu lui-même l’a exprimé sans détour en annonçant la nouvelle cohorte le jour de son anniversaire : « Nous ne vous avons pas choisis parce que votre chemin était facile. Nous vous avons choisis parce que vous avez continué quand il ne l’était pas. » Une phrase qui résonne particulièrement fort au Cameroun, où entreprendre exige souvent une résilience hors du commun.

Un programme qui répond à une urgence économique réelle

Le Cameroun fait face à une réalité que personne ne peut ignorer : le chômage des jeunes reste l’un des défis les plus pressants du pays. Selon plusieurs études récentes, une large part de la jeunesse camerounaise en âge de travailler est soit au chômage, soit dans l’emploi informel précaire. Les grandes entreprises n’absorbent pas suffisamment. La fonction publique est saturée. Et les banques traditionnelles restent inaccessibles pour la majorité des primo-entrepreneurs.

C’est dans ce contexte que des initiatives comme le Programme d’Entrepreneuriat TEF prennent tout leur sens. Elles ne viennent pas remplacer l’État. Elles viennent combler un vide, créer des passerelles, et surtout croire en des jeunes que le système a souvent ignorés.

Les 30 Camerounais sélectionnés en 2026 ne sont pas des cas isolés. Ils sont le visage d’une tendance lourde : de plus en plus de jeunes camerounais choisissent de créer leur propre emploi plutôt que d’attendre qu’on leur en offre un. L’entrepreneuriat n’est plus perçu comme un choix par défaut, mais comme une vocation, une stratégie, parfois même un acte de résistance économique.

Ce que ce programme dit sur l’avenir du Cameroun

Quand on regarde les secteurs dans lesquels s’investissent les entrepreneurs TEF camerounais — agriculture intelligente, technologies propres, fintech, éducation numérique — on voit en filigrane le visage de ce que pourrait être le Cameroun dans dix ans.

Un pays qui ne dépend plus uniquement de ses matières premières. Un pays où des jeunes de Bafoussam ou de Bertoua peuvent rivaliser avec des startups de Lagos ou de Nairobi. Un pays où l’innovation ne se concentre pas uniquement à Douala ou Yaoundé, mais rayonne dans les régions.

Le programme TEF ne règle pas tout. Il ne remplace pas une politique industrielle cohérente, ni un système éducatif aligné sur les besoins du marché. Mais il prouve, chiffres à l’appui, qu’investir dans la jeunesse camerounaise, c’est investir dans des résultats concrets.

Plus de 20 millions de dollars de revenus générés. Plus de 58 000 emplois. Ces chiffres ne sont pas des promesses. Ce sont des réalisations. Et ils continueront de croître avec chaque nouvelle cohorte.



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